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LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE

La chronique de la semaine écoulée

Elizabeth Nouar
9 août 2026 à 22:28
Finalement, quand on voit la CCAT on se désole. Mais quand on voit le FLNC, on se console...

La Calédonie est en cessation de paiement ! 
On peut dire que le tout nouveau président du gouvernement a plombé l'ambiance en inaugurant ses fonctions. Milakulo Tukumuli déclare qu'il nous faut trouver 13 milliards d'ici la fin du mois si l'on veut éviter un "shutdown" complet du territoire.

Beaucoup ont glosé sur cette expression, empruntée à la vie politique américaine, qui signifie un arrêt complet des activités gouvernementales en cas d'impossibilité de voter le budget. On comprend bien que le président du gouvernement a voulu marquer les esprits mais nous n'en sommes pas là ! Déjà, les 13 milliards, il n'est pas besoin de les chercher très loin. Ils sont là et il faut seulement que l'Etat les débloque, ce qu'il fera sans aucun doute parce que, justement, il ne veut pas d'une mise en faillite de la Nouvelle-Calédonie.
Et puis, il faut peut-être éviter de stresser les calédoniens, pour l'instant. Ils ont assez de soucis et de préoccupations. 
Mais, en prenant ses fonctions, Milakulo Tukumuli a sans doute voulu sensibiliser, tous ceux qui l'ignoraient encore, à la situation financière catastrophique de la Nouvelle-Calédonie qui est, depuis au moins deux ans, sous perfusion de l'Etat.

En attendant, ces déclarations tonitruantes du président du gouvernement ont presque renvoyé au second plan l'originalité et les innovations de l'équipe qu'il préside. 
Et d'abord, le gouvernement s'est doté d'un vice-président. Calmement, rapidement, sans drame et sans douleur et cela fait longtemps que ce n'était pas arrivé. Plus surprenant encore, les indépendantistes n'ont protesté, que très mollement, face à la nomination d'un vice-président qui n'est pas de leurs rangs. Mais personne ne peut contester que Christopher Gygès ait le profil de l'emploi dans un gouvernement dont la mission est de renforcer l'attractivité de la Nouvelle-Calédonie et de faire redémarrer l'économie calédonienne. Des secteurs dont il a, justement, la charge. 

On relève aussi un resserrement des secteurs, qui empêche le chevauchement des compétences, et une concentration des secteurs sur les domaines qui concernent directement la Nouvelle-Calédonie. On note, enfin, que les partis du pacte de gouvernance se sont réservé les secteurs essentiels. C'est sans doute un gage d'efficacité et, après tout, n'est-ce pas ce que les électeurs ont souhaité le 28 juin ?

Et pendant ce temps, les indépendantistes se consacrent, surtout, à leurs relations internationales ou extra territoriales. Après le Vanuatu, ils sont actuellement en Corse. Christian Tein a participé fin juillet à une conférence de presse à Bastia avec le parti indépendantiste Nazione. Son camarade Dimitri Qenegei – qui avait, lui aussi, été placé en détention provisoire après les violences insurrectionnelle de 2024 et qui a, lui aussi, été remis en liberté – participait aux journées internationales de Corte, dans le cadre d'un front international de décolonisation inspiré par le Groupe Initiative Bakou. Ils se sont trouvé un point commun. Les indépendantistes corse refusent le processus d’autonomie, actuellement examiné au parlement, comme nos indépendantistes ont rejeté l'accord de Bougival. 

Mais le FLNKS n'était a priori pas représenté à la conférence de presse clandestine tenue, la veille, par le Front de Libération Nationale Corse contre lequel le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête préliminaire pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme". Une dizaine d’hommes, vêtus de noir, portant des cagoules et armés de fusils d’assaut, y ont tenu un discours très xénophobe en menaçant ouvertement les non-corses et les nouveaux arrivants. 
Finalement, quand on voit la CCAT on se désole. Mais quand on voit le FLNC, on se console...

 

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