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LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE

La chronique de la semaine écoulée

Elizabeth Nouar
2 août 2026 à 22:57
Il faudra réformer et – pour paraphraser Churchill – la nouvelle équipe gouvernementale aura surtout à offrir "du labeur, des larmes et de la sueur".

On va bientôt pouvoir relâcher la touche pause qui suspendait, plus ou moins, les dossiers politiques, économiques et sociaux. Un peu plus d'un mois après les provinciales du 28 juin, les institutions calédoniennes sont à pied d'œuvre et il ne reste plus que la répartition des secteurs, et la fameuse déclaration de politique générale du président du gouvernement, pour entrer véritablement dans le vif du sujet. 

Et il était temps ! Parce que les dossiers s'accumulent et que la tâche qui attend les 11 membres de l'exécutif s'apparente, un peu, aux douze travaux d'Hercule, une série de tâches extrêmement difficiles qui avait été imposée au héros grec pour expier une crise de folie. Une analogie parfaite, tant les dossiers brûlants qui attendent le gouvernement sont dus, en grande partie, à la crise de folie de mai 2024 et à ses dramatiques et incalculables conséquences.

C'est un gouvernement de mission et d'action qui a été mis en place. Un gouvernement de responsabilité qui doit s'attaquer à la relance économique, au redressement des finances publiques, au renforcement de l’attractivité du territoire et à la reconstruction de la Nouvelle-Calédonie. Cela passe, notamment, par la création d'emplois, le retour de la confiance et de la prospérité mais aussi la lutte contre délinquance des mineurs, l’équilibre des comptes sociaux ou la restauration du système de santé. La liste, bien sûr, n'est pas exhaustive...

Il faudra réformer et – pour paraphraser Churchill – la nouvelle équipe gouvernementale aura surtout à offrir "du labeur, des larmes et de la sueur". 

Pour relever le défi, c'est un gouvernement qui réunit des anciens et des nouveaux, des politiques et des techniciens, des personnalités expérimentées et des novices, avec une pincée de société civile. Une association un peu hétéroclite, un peu improbable, dont on attend des prouesses pour sortir la Nouvelle-Calédonie de la crise économique sans précédent dans laquelle l'ont plongée les violences insurrectionnelles. Et pour cela, il faudra faire l'union sacrée, notamment face à l'Etat, ne serait-ce que pour boucler le budget 2027.

Le pacte de gouvernance qui a été conclu entre Les Loyalistes, Le Rassemblement et l'Eveil océanien est censé offrir de la stabilité à l'équipe gouvernementale et c'est déjà beaucoup, parce que le travail en profondeur qui l'attend ne pourra se faire que dans la durée, même si quelques mauvais esprits parient, déjà, sur sa fragilité. 

Le pacte a eu la sagesse de mettre de côté la question institutionnelle mais elle est forcément sous-jacente et c'est, sans doute, l'une des faiblesses de la nouvelle coalition. 

D'autant plus que, pour la première fois, c'est un parti minoritaire – qui n'a même pas de groupe politique au congrès – qui se retrouve à la tête du gouvernement. Un parti charnière qui, ces dernières années, s'est fait une spécialité des retournements d'alliances. Il invoque aujourd'hui la division du camp indépendantiste pour justifier son choix de s'allier aux partisans de la France, mais un changement de la donne politique pourrait avoir des conséquences sur l'équilibre trouvé au congrès et au gouvernement.

D'autant plus que les indépendantistes paient, à l'évidence, les conséquences des émeutes avec la mise en place d'une sorte de cordon sanitaire autour de l'UC FLNKS CCAT qui avait déjà vu la présidence de la province Nord lui échapper et qui n'a pas non plus obtenu la vice-présidence du gouvernement. Apparemment, ça ne fait pas de drame, pour l'instant, même si Johanito Wamytan relève que c'est "une entorse à l'esprit de l'accord de Nouméa qui prévalait" mais il ajoute qu'il faut travailler dans la collégialité. Et le vice-président Christopher Gygès renchérit en expliquant que la donne politique est différente mais que cela ne va pas les empêcher de travailler tous ensemble.

De toute façon, ils n'ont pas le choix étant donnée la situation, et même si l'équilibre trouvé s'apparente, sous certains aspects... à de l'équilibrisme.

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