Pas d'accord entre AeC et CE

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Rien ne va plus, quatre jours après les élections provinciales et à la veille de l'installation des provinces. L'Avenir en confiance et Calédonie ensemble constatent l'échec des discussions pour la répartition des responsabilités.

La tension est vive entre l'Avenir en confiance et Calédonie ensemble, cinq jours après les élections provinciales. Les deux rounds de discussions qui ont eu lieu, depuis lundi, entre les deux groupes, en vue de se répartir les responsabilités, n'ont pas abouti. De part et d'autre, on constate l'échec et on se renvoie mutuellement la responsabilité.

Ces discussions sont traditionnelles, au lendemain des élections provinciales, pour trouver des majorités et se répartir les responsabilités, à la province Sud, au Congrès et au gouvernement. Mais après deux réunions, lundi et mardi, l'Avenir en confiance et Calédonie ensemble font le constat d'un échec. Aucun accord n'a été trouvé. Fort de ses 20 sièges sur 40 à l'assemblée de la Province Sud, l'Avenir en confiance présidera la province et elle souhaite également présider le gouvernement. Elle a donc proposé à Calédonie ensemble la présidence du Congrès mais le parti de Philippe Gomès la refuse. Philippe Dunoyer l'a confirmé, face à la presse.

Lors de cette conférence de presse, Philippe Michel et Philippe Dunoyer ont rappelé les précédents de l'entente républicaine, signée en 2009, au lendemain d'élections provinciales gagnées par le Rassemblement, et du contrat de gouvernance solidaire, conclu en 2014, au lendemain des provinciales remportées par Calédonie ensemble.

Et quand on leur rappelle qu'en 2004, l'Avenir ensemble de Philippe Gomès avait tout pris, la province, le gouvernement et le congrès, ils répondent qu'à l'époque, il n'y avait pas de risque de majorité indépendantiste au Congrès.

L'Avenir en confiance rappelle, de son côté, qu'avant le 12 mai, les trois institutions étaient présidées par des membres de Calédonie Ensemble ou leur soutien, en l'occurrence Gaël Yanno, sans aucun partage avec les autres groupes politiques. Et on peut rappeler que, depuis 2004, aucune force politique n'avait occupé 20 sièges sur 40, à la Province Sud.

De son côté, l'Avenir en confiance affirme qu'il mettra tout en œuvre pour garantir une stabilité des institutions afin que la Calédonie retrouve le chemin de la confiance et de la prospérité.
L'Avenir en confiance indique, dans un communiqué, que les électeurs ont fait le choix de faire de sa liste la première force politique Calédonienne avec près de 33 000 voix et ainsi de lui donner la légitimité électorale pour rétablir la confiance en Nouvelle-Calédonie. Elle précise que, dans un esprit de responsabilité, elle a fait le choix de tendre la main aux autres partis politiques, qui ont voté "Non" à l'indépendance, afin de garantir une majorité non indépendantiste et ainsi stabiliser les institutions et qu'elle a fait des propositions à Calédonie ensemble. 

L'Avenir en Confiance estime qu'il est démocratiquement juste qu'elle assure la présidence de la province Sud et du gouvernement, afin d'instaurer une politique de relance économique et sociale pour laquelle les électeurs lui ont accordé leur confiance.
Elle estime aussi que "bien que Philippe Gomès ait été lourdement sanctionné, Calédonie Ensemble représente également une légitimité. Elle a donc proposé à Calédonie ensemble de prendre la présidence du Congrès de la Nouvelle-Calédonie." Une proposition refusée par Calédonie ensemble.
Selon l'Avenir en confiance, "Philippe Gomès a malheureusement balayé cette offre généreuse et responsable, refusant ainsi la constitution d'une majorité non indépendantiste. Celui qui a été sèchement battu dans les urnes, souhaite mener une politique de la terre brulée qui fait peser le risque à toute la Nouvelle-Calédonie et à ses habitants d'une crise institutionnelle et démocratique, dont les conséquences économiques et sociales seront destructrices", affirme encore l'Avenir en confiance.

Aucune reprise des discussions n'était prévue avant la réunion, demain, de l'assemblée de la province Sud. Si aucun accord n'est trouvé, il y a le risque d'une crise institutionnelle et politique au moment de l'installation du Congrès et de l'élection du gouvernement. C'est vendredi prochain, dans une semaine, que doit avoir lieu la mise en place du nouveau Congrès.