Le Congrès adopte le budget 2020

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Dans un contexte difficile, les élus du Congrès ont voté le budget primitif 2020 de la Nouvelle Calédonie. Mais il a fallu plus de quatorze heures de discussions pour entériner l'ensemble des choix parfois difficiles qu'a dû faire l'exécutif.

Au lendemain des fêtes de Noël les élus du Congrès ont eu à peine le temps d'échanger leurs vœux avant d'entrer dans le vif de la session budgétaire 2020. Il s'agissait en effet de voter le budget primitif de la collectivité dans un contexte général que tout le monde s’accorde à juger difficile. Pour autant le gouvernement de Thierry Santa a présenté un budget qualifié de « responsable, réaliste et réalisable ». Mais il a fallu plus de quatorze heures de discussions pour entériner l'ensemble des choix parfois difficiles qu'a dû faire l'exécutif.

Partis d’une situation très complexe il y a quelques mois les membres du gouvernement ont dû faire face à une trésorerie exsangue, un taux d’épargne réduit comme peau de chagrin et au contraire un taux d’endettement qui a atteint des sommets. Il fallait donc prendre des décisions, faire des choix mais en restant prudent sur les prévisions de croissance. En l’occurrence l’exécutif a tablé sur 1% en 2020. Pour équilibrer le budget Yohan Lecourieux membre du gouvernement en charge notamment du budget explique que des transferts de taxe ont été affectés du budget de reversement au budget de répartition. L’impact de ces transferts pour les collectivités va donc permettre de dégager 1,2 milliards supplémentaires pour les provinces, 400 millions pour les communes et 600 millions pour la Nouvelle Calédonie. 

Au total les budgets de reversement et de répartition s’élèvent donc pour 2020 à 63 et 128 milliards. Le budget propre de la collectivité s'élève quant à lui à 60 milliards de francs. En commission, il a fait l'objet d'une trentaine d'amendements dont certains ont été discuté longuement hier. La recherche de nouveaux équilibres a donc été longue, mais elle était nécessaire selon Virgine Ruffenach, chef du groupe Avenir en confiance au Congrès.

La réduction des dépenses est donc le maître-mot de ce budget 2020 avec parfois des choix difficiles, mais le groupe UC-FLNKS et Nationalistes a partagé l'analyse du gouvernement et pris ses responsabilités selon son chef de groupe Pierre-Chanel Tutugoro.

De son côté le groupe UNI a voté pour les budgets de reversement et de répartition, mais s'est abstenu sur le budget propre. Même si Louis Mapou constate avec satisfaction que les provinces et les communes bénéficieront finalement des mêmes dotations que l'année dernière.

Dans ce climat général de recherche de consensus l'attitude du groupe Calédonie Ensemble a clairement tranché hier. Pendant toute la séance, le député Philippe Gomès s'est en effet montré très critique sur les choix du gouvernement.  Autant de décisions contestées par le leader de Calédonie ensemble qui a voté contre presque toutes les délibérations. Et finalement contre l'ensemble du budget.

De son côté Nicolas Metzdorf s'est abstenu sur le budget propre. Tout en reconnaissant les efforts du gouvernement qui évite toute augmentation de la pression fiscale sur les contribuables calédoniens, il s'est attaqué aux choix effectués sur l'agriculture, décisions dont il rend responsable son ancien collègue de Calédonie Ensemble Philippe Germain, qui a refusé de gérer le secteur au gouvernement.

Des discussions tendues pour une situation financière qui l'est donc tout autant. Mais sur la démarche, le président du gouvernement Thierry Santa a certainement gagné hier ses galons de fédérateur des bonnes volontés. 

Après une courte nuit les élus du boulevard Vauban se retrouvent ce matin à 9h pour se prononcer sur un certain nombre de créances et sur les risques extérieurs de la Nouvelle Calédonie. Lundi, c'est le projet de loi sur le soutien à la croissance de l'économie calédonienne qui sera étudié boulevard Vauban.