Congrès. L'usine du sud en débat

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Il n'a été question que de l'usine du sud, hier au Congrès. Les élus étaient convoqués à la fois pour auditionner deux candidats repreneurs, mais aussi pour voter un projet de délibération et un vœu qui concernaient eux aussi Vale NC.

Evidemment l’ordre du jour de cette série d'auditions a commencé par être raccourci puisque le congrès devait d’abord auditionner Vale NC et NCR, ce qui n’a plus lieu d’être puisque l’industriel australien a retiré son offre. Mais cela n'a pas empêché le député Philippe Gomès de regretter vivement l'absence de la direction de Valé à cette audition.

La première offre étudiée par les élus hier était donc celle d’André Dang, directeur général de la SOFINOR, dont le partenaire est un industriel sud coréen côté en bourse à hauteur de 700 milliards de francs, Korea Zinc. La Sofinor dit avoir déposé une offre jugée crédible par la banque Rotschild, qui avait exigé de la part des candidats repreneurs des garanties sérieuses en matière de solidité financière, de compétences et de continuité d’activité.  
La confidentialité des affaires étant ce qu’elle est aucun chiffre précis n’est disponible et cela rend évidemment cette audition très confuse, notamment selon Brieuc Frogier pour l'Avenir en confiance.

Comment financer cet achat alors que KNS, l’usine du nord, a 1154 milliards de dettes et que la sofinor elle-même doit 22 milliards à l’AFD et à la caisse d’épargne ? Le cas de l’usine du sud est très différent répond le chef de projet de la Sofinor qui affirme que justement la force du projet du nord est d’avoir un partenaire étranger qui continue à financer KNS malgré les difficultés. Le montage dans le sud serait donc identique à celui de KNS. Encore une fois pas de réponse précise donc, mais sans surprise les indépendantistes soutiennent le projet à l'image de Victor Tutugoro pour le groupe UNI.

Les élus ont ensuite auditionné les représentants de la société BYMS, société spécialisée dans la maintenance industrielle, le terrassement ou l’exploitation minière et qui affiche un chiffre d’affaires de 1,4 milliard de francs par an. Son gérant est un ingénieur des mines calédonien qui présente un projet en partenariat avec un fonds de pension canadien. Beaucoup moins de questions sur ce deuxième projet dont les porteurs se disent en négociation également avec Valé. 

Mais les discussions houleuses n'étaient pas terminées pour autant puisque les élus ont ensuite voté par 22 voix contre 18 la création d'un comité de concertation chargé, je cite, d'être l'interlocuteur de Valé NC sur la procédure engagée. Un comité qui sera chargé notamment de vérifier auprès de Valé que les garanties techniques, financières, sociales et environnementales apportées par le repreneur seront conformes au schéma de mise en valeur des ressources minières et au code minier. La province sud, pourtant instance régulatrice, n'est pas membre de ce comité et juge par ailleurs que le congrès s'immisce dans une affaire industrielle privée. Sonia Backès va donc déposer un recours devant le tribunal administratif mais Pierre Channel Tutugoro pour le groupe UC FLNKS et nationalistes et éveil océanien estime que le congrès est dans son droit.

En fin de séance les élus ont également adopté avec la même majorité un vœu du congrès proposé par Calédonie Ensemble qui demande à Valé de tout faire pour maintenir les emplois et l'activité à Goro, tout en reportant sa décision à une date postérieure au deuxième référendum. Un vœu qui selon le règlement intérieur du congrès ne peut être émis car il s'adresse à une société privée. C'est donc un vœu illégal selon la cheffe du groupe avenir en confiance Virginie Ruffenach.

Une journée houleuse au congrès donc, tendue par l'enjeu considérable de la reprise de l'usine du sud et ses éventuelles conséquences sur l'économie calédonienne. Car la seule chose qui soit partagée par tous, c'est l'inquiétude générale née de cette incertitude.