La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

Un peu confuse la stratégie de l'ICAN et du collectif. Franchement, on ne sait plus où en est.
Après une semaine d'actions, de blocage des routes, du port et des institutions, de manifestations et de rassemblements devant les subdivisions… voilà que les manifestants suspendent leur mobilisation.
Officiellement, c'est un geste !
D'une part, pour permettre aux lycéens de passer le bac sans perturbation.
D'autre part, pour obtenir la fameuse table ronde sur la reprise de Vale NC. Une table ronde dont la réunion a été tentée à plusieurs reprises, notamment par la Province Sud et par Vale NC, mais qui n'a jamais pu aboutir. Et maintenant, l'ICAN la réclame de l'Etat mais on ne sait toujours pas qui devrait être autour de la table, ni de quoi on devrait parler, dans la mesure où l'offre de Sofinor/Korea Zinc a été refusée par le groupe Vale.

Bref, tout cela est un peu confus et les mauvaises langues disent que cette pause s'impose surtout parce que – malgré les reportages complaisants de la télévision d'Etat – la mobilisation n'est pas vraiment au rendez-vous.
Et pour cause !

Le jusqu'auboutisme de l'ICAN effraie tous ceux qui souhaitent véritablement le sauvetage de l'usine du Sud et ils ont de la peine à adhérer quand on leur dit : "Ce sera Sofinor/Korea Zinc ou rien".
Chefs d'entreprise, salariés ou habitants du Sud, ils n'ont que faire des slogans politiques, des idéologies et des doctrines qui visent au contrôle, par la Province Nord, des massifs de la Province Sud. 
Ce qu'ils veulent, c'est la sauvegarde de l'outil de travail et des emplois. Ce qu'ils attendent, ce sont des garanties pour l'environnement et la préservation des intérêts calédoniens.
Et ils ont bien compris que si l'offre de reprise du consortium mené par Sofinor a été rejetée, ce n'est pas pour embêter les indépendantistes et André Dang mais parce qu'elle était imprécise et incomplète et qu'elle n'apporte pas les garanties financières nécessaires.
Ils ont compris aussi que ce n'était pas "Sofinor/Korea Zinc ou rien" mais le consortium calédonien et international "Prony ressources" ou… la fermeture pure et simple de l'usine du Sud.
Et c'est pour ça, sans doute, que la mobilisation a de la peine à prendre et que l'ICAN et le collectif ont décidé d'une pause, le temps de revoir leur copie.

Dans un autre domaine, il est un sujet qui est passé au second plan cette semaine, en raison de toute cette agitation autour de l'usine du Sud, c'est le débat des élus du Congrès, mercredi, autour de l’accord particulier entre l’Etat, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna.
A la surprise générale, les élus de l'UNI se sont abstenus au motif que la Calédonie n’a jamais colonisé Wallis-et-Futuna et qu'elle n'a donc pas à se substituer à l’Etat pour aider son développement.
Une prise de position brutale qui a choqué, et qui contrevient à l'attitude des indépendantistes depuis la signature de l'Accord de Nouméa. Mais elle sonne peut-être le glas de la majorité océanienne que certains – et notamment l'union calédonienne – voulaient faire émerger.

Décidément, la confusion est partout et ce n'est pas Calédonie ensemble qui me démentira. Sa pitoyable tentative de ré-exister en se posant en médiateur dans le dossier Vale NC a fait… flop !

Mais c'est comme ça ! Quand ça veut pas, ça veut pas.