La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

Cette histoire de préalable minier a quelque chose d'archaïque, et de totalement dépassé mais, en même temps, elle traduit une remarquable opération de désinformation et de manipulation.
Ne serait-ce que par la création, pendant la campagne référendaire, de cette improbable "instance coutumière autochtone de négociation", l'ICAN, qui s'invite comme interlocuteur incontournable dans une transaction entre sociétés industrielles privées.
Ou encore par l'invention de ce slogan, basique mais efficace : "Usine du Sud, usine pays".
Tout le reste est à l'avenant pour mettre en place une véritable entreprise de déstabilisation avec un argumentaire simpliste, mais répété à l'envie.

Pour les coutumiers de l'ICAN et les responsables du FLNKS, il y a le camp du bien, celui de la Sofinor et de Koréa zinc et le camp du mal avec des ennemis désignés : Antonin Beurrier et Trafigura.
Et à l'instigation d'André Dang, ils se livrent, depuis des semaines, à un véritable endoctrinement de leur base, à une propagande éhontée qui ne laisse place à aucun dialogue et à aucune discussion, pour leur substituer le seul rapport de force.
On voit réapparaitre, à cette occasion, les blocages illégaux, les menaces – même des menaces de mort – les propos racistes et les actions d'intimidation.

Et pourtant, la solution Sofinor / Korea Zinc n'a pas été retenue par Vale Canada qui estime que cette proposition n'offre pas les garanties financières et industrielles nécessaires.
Les services de Bercy jugent, quant à eux, ses modalités financières "imprécises" et tout le monde sait que le niveau d’endettement abyssal de Sofinor et de ses filiales minières et métallurgiques n'incite pas à la confiance.

Qu'à cela ne tienne !
Raphaël Mapou assène que "Ce sera Sofinor/Korea Zinc ou rien !"
Et, fort de cette allégation, il nous promet un blocage de la Nouvelle-Calédonie jusqu'à ce qu'il obtienne gain de cause.
En oubliant au passage qu'il ne détient pas l'arme ultime !
L'arme absolue, elle est entre les mains du groupe Vale qui vient de réaffirmer – on ne peut plus clairement – "qu'il ne se laissera pas dicter sa conduite par ceux qui utilisent l'intimidation et la violence" et qui répète qu'il n'existe qu'une seule offre, celle du consortium international et calédonien dans lequel Trafigura est actionnaire minoritaire.
"C'est la seule alternative à une mise en sommeil des activités" prévient Vale qui a toujours la possibilité de mettre sous cloche l'usine du Sud avec les conséquences économiques et sociales que cela aurait pour la Nouvelle-Calédonie.

Est-il encore temps d'appeler à la raison dans ce bras de fer mené par les indépendantistes pour récupérer le massif de Goro ?
Cela semble bien tard et la seule réponse qui s'imposera risque d'être celle du maintien de l'ordre public, par les actions appropriées, parce que dans ce climat déjà morose, les calédoniens n'en peuvent plus des perturbations à répétition de leur quotidien.
Ça tombe bien ! Le ministre des outremers nous a dit récemment que "l'Etat est de retour !"

C'est sans doute le moment de le prouver !