La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

La rentrée sera chaude ! Et pas seulement d'un point de vue météorologique.

La rentrée sera chaude. C'est un classique du genre. C'est ce que l'on annonce à chaque fois que se profile la reprise des cours et du travail après les longues semaines de farniente qui ont renvoyé, à l'arrière-plan, les dossiers brûlants, politiques, économiques et sociaux.

Mais plus qu'une figure de style, cette prédiction devrait prendre tous son sens, cette année, puisque les dossiers se sont accumulés et que se profilent, dans quelques semaines, des élections provinciales décisives, les dernières de l'Accord de Nouméa.

Priorité parmi les priorités, le dossier de la SLN et l'on a bien compris que c'est la survie de la société qui est en jeu, avec le risque de voir disparaître, de Nouvelle-Calédonie, le seul opérateur métallurgique français.

Mais il y a, aussi, bien d'autres sujets à traiter et, notamment, dans le domaine économique. La saga des yaourts vient illustrer le casse-tête auxquels sont confrontés chefs d'entreprise et consommateurs, entre l'extension des protections de marché et les conséquences de la réglementation des marges.

Mais comment prendre des décisions aussi sensibles sur fond de campagne électorale synonyme, forcément, de surenchère et de démagogie ?

On en a l'illustration avec le projet de croisière du Ponant aux Chesterfield.

Plus qu'un projet d'ailleurs ! Le directeur de la compagnie de croisière était tellement certain du soutien du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie qu'il commercialise déjà ses premiers voyages pour le mois d'avril. Les réservations sont ouvertes sur son site qui invite à "découvrir un circuit inédit en Nouvelle-Calédonie, terre française du bout du monde, située au beau milieu du Pacifique Sud" et qui propose "une croisière d’expédition de 14 jours, sous le signe des lagons paradisiaques et de la culture kanake."  De quoi charmer une clientèle qui recherche ce type de croisière de luxe.

Le problème, c'est que la compagnie propose, avant le débarquement à Nouméa, "d'admirer la beauté mystérieuse de l’archipel des Chesterfield, perdu dans la mer de Corail." Et là, rien ne va plus !

A l'origine pourtant, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie était favorable à ce projet qui permettait de faire découvrir le fameux parc de la mer de Corail et même de lui donner un sens. Mais c'était compter sans les associations environnementales. Elles refusent que l'on s'approche des Chesterfield, et elles en font un casus belli, entraînant un rétropédalage des autorités politiques. Immédiatement, Calédonie ensemble fait savoir qu'elle refuse ce type de croisière et, pour dédouaner le gouvernement, elle propose de renvoyer la décision au Congrès. Je vous laisse deviner la suite. D'autant plus que la Province Nord a, depuis, fait savoir, qu'elle refusait, elle aussi, l'escale aux Chesterfield. En clair, c'est plié et une majorité Calédonie ensemble et indépendantiste va refuser à la compagnie du Ponant l'autorisation d'accès à ces iles du grand nord. Les écologistes seront contents. Les acteurs du tourisme un peu moins. Et ceux qui auront déjà réservé cette croisière paradisiaque arriveront peut-être à se faire rembourser et à se consoler…

Oh, ce n'est qu'un exemple parmi d'autres de la façon dont les dossiers risquent d'être traités les prochaines semaines mais il y a tout de même une bonne nouvelle. Selon le calendrier sinovietnamien, nous sommes entrés dans l'année du cochon de terre et il est symbole de chance, de prospérité et… de renouveau.