La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

Quoi de neuf cette semaine ? Rien !
C'est même le sempiternel retour d'une actualité que l'on ne connait que trop bien. Après l'annonce des mille milliards de dette de KNS, après la désignation d'un mandataire "ad hoc" pour la SLN, c'est maintenant le retrait de NCR du rachat de Vale NC. Semaine après semaine, les mauvaises nouvelles se succèdent et révèlent la situation catastrophique de nos trois unités métallurgiques.

Concernant l'usine du Sud, on en est encore à évaluer les conséquences humaines, sociales et économiques qu'aurait une fermeture, hypothèse qui est désormais sur la table, même si ses responsables sont à la recherche d'une solution alternative.
Il sera temps, plus tard, de régler les comptes pour déterminer le rôle des uns et des autres dans l'échec de la reprise. Mais il est clair que l'on ne pourra exonérer complètement de responsabilité ceux qui ont pris le risque de jeter de l'huile sur le feu pendant une délicate négociation entre industriels, que ce soit le FLNKS ou ce qui reste de Calédonie ensemble.

On s'aperçoit d'ailleurs qu'au-delà de toute appartenance politique, ils n'ont pas trouvé de soutien dans la population comme le prouve la faible mobilisation de la deuxième marche du collectif, le désaveu des organisations syndicales ou encore le soutien de plusieurs coutumiers du Sud à la stratégie de la direction de Vale NC.
A tel point que l'on peut parler d'une véritable opération de déstabilisation entre les manifestations de rue, les propos incendiaires, les lettres adressées au président de Vale monde et l'agitation au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, au mépris de la compétence de la Province Sud dans le dossier. L'objectif était, clairement, de dissuader l'investisseur australien, de le décourager, pour laisser comme seule offre possible, celle déposée par la SOFINOR avec le coréen Korean Zinc. Mais si le premier but – celui du renoncement de l'australien – a été atteint, le second semble bien illusoire malgré l'interventionnisme et les agitations d'André Dang.

SOFINOR, en effet, peine à convaincre quand elle déclare que "les engagements de confidentialité l'empêchent de divulguer le contenu de son offre à ce stade".
Tous les bons connaisseurs du dossier affirment qu'aucune garantie crédible, ni aucun engagement financier sérieux, n'a été apporté à l'appui de ce projet et à en croire le PDG de Vale NC cette offre est, en réalité, irrecevable. "Elle n'a pas été jugée suffisamment solide sur le plan industriel et financier".

Ce nouveau coup de tonnerre dans le ciel du nickel a presque fait passer au second plan l'échéance référendaire qui n'est plus que dans trois semaines et on peut penser que les indépendantistes tentent, par cette opération, de détourner l'attention de leur gestion calamiteuse et de l'échec de leur stratégie nickel.

On s'interroge davantage sur les motivations de Calédonie ensemble qui donne surtout l'impression d'avoir toujours des comptes à régler avec l'Avenir en confiance et de vouloir faire plaisir aux indépendantistes.

Son but, manifestement, c'est de se poser en seul interlocuteur quand il faudra discuter de l'avenir parce que c'est aujourd'hui l'obsession de Philippe Gomès. Lui qui s'est opposé de toutes ses forces quand Pierre Frogier le proposait, il y a 10 ans, il affirme aujourd'hui que la solution politique c'est un nouvel accord.
Alors, on se dit qu'il suffit d'être patient. Dans 10 ans, il défendra la différenciation provinciale et il affirmera que ça n'a rien à voir avec la partition.
Reste à savoir si on a le temps d'attendre ou s'il faut faire sans lui…