La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

Il fallait oser et ils l'ont fait !
Calédonie ensemble et l'Union calédonienne accusent, de concert, l’Etat et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie de vouloir modifier les règles de la quarantaine, dans le dos des calédoniens, et ils les soupçonnent carrément, de vouloir laisser entrer le Covid sur le territoire.
C'est énorme !
Mais ça n'a arrêté ni le président de l'UC, ni les trois parlementaires de Calédonie ensemble, dont on relève une nouvelle fois, la proximité

Ils réagissent ainsi à l'adoption, par le Parlement, de la loi prorogeant l'état d'urgence sanitaire, un texte que le président de l'UC qualifie de "loi scélérate".
Il faut dire qu'il y va franchement et que sa lettre ouverte au président du gouvernement est d'une violence incroyable. Il veut alerter sur l’effet délétère des dispositions du texte concernant "l’existence même des populations de notre pays". Excusez du peu !
Et en conclusion de son brûlot, il menace de demander aux membres UC du gouvernement de se retirer "afin de ne pas les rendre complices de la mascarade lourde de conséquences qui se prépare."

Daniel Goa écrit à Thierry Santa, mais c'est bien l'Etat qui est visé par sa missive.

Au passage, il reproche à cette loi de "bafouer la répartition des compétences sanctuarisée par l’accord de Nouméa et la Constitution". Il faut dire que c'est une obsession des indépendantistes qui, depuis le début de la crise sanitaire, cherchent à minimiser le rôle de l'Etat et son intervention au nom de la solidarité et de la continuité nationale.
A trois mois du référendum, on peut – à la rigueur – comprendre cette attitude même si elle est de très mauvaise foi.

On comprend moins – à vrai dire – l'obsession des trois parlementaires de Calédonie ensemble qui ont publié pas moins de trois communiqués en trois jours pour alerter les calédoniens sur les dangers d'une loi que – comble de l'ironie – ils ont voté.
Ils ont d'abord saisi le Conseil Constitutionnel mais le conseil ne s'est pas prononcé sur leur recours.
Ils ont récidivé en saisissant le Premier Ministre pour qu’il demande l’avis du Conseil d’Etat, mais le Premier ministre ne leur a pas répondu non plus.
Et comme ils ont de la suite dans les idées, ils ont publié un troisième communiqué pour affirmer que l’application de la loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire est dangereuse pour la Nouvelle-Calédonie car les dispositions relatives à la mise en quarantaine sont moins protectrices des Calédoniens.

Une obstination à laquelle le gouvernement a répondu, vendredi soir, avec un communiqué laconique qui précise que la loi prorogeant l'état d'urgence sanitaire "ne remet pas en cause les dispositions relatives au contrôle sanitaire aux frontières qui relèvent de la Nouvelle Calédonie et que, dans ce cadre, le dispositif arrêté conjointement va continuer d’être mis en œuvre sous le contrôle du juge des libertés et de la détention."

Mais nos députés ne désarment pas pour autant et ils invoquent maintenant, avec gourmandise, l'exemple polynésien où les dispositions de quarantaine ont été retoquées par le tribunal administratif. Pire, ils reprennent l'argument des indépendantistes selon lequel la loi a empiété sur les compétences de la Nouvelle-Calédonie. "C’était au Pays d’en décider pas à l’Etat" écrit Philippe Gomès.

Tout le monde conviendra que les textes visant à empêcher l'introduction du virus en Nouvelle-Calédonie doivent être sécurisés au maximum sur un plan juridique mais, en pleine pandémie mondiale et à quelques semaines du référendum, il y a des choses qui ne se font pas.

C'est curieux que certains ne le comprennent pas et qu'ils osent tout...