La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

Pas évident la chronique d'une semaine confinée, quand l'actualité est sur pause. Qu'elle est seulement rythmée par la litanie biquotidienne de l'annonce, par le gouvernement, de tests effectués et de cas avérés de covid 19...
La pandémie vampirise l'actualité.
Elle est partout. On ne parle que d'elle, de sa progression, de son bilan, des moyens de lutter contre sa propagation.
Drôle d'ambiance qui remet en cause toutes nos certitudes et nous oblige à revoir tous nos fondamentaux.

Les idées dominantes d'hier sont battues en brèche et ceux qui, hier, exaltaient le mondialisme, le nomadisme et l'ouverture des frontières, prônent aujourd'hui le repli sur soi, le calfeutrement et… le confinement.

Hier, on opposait les ponts, qui relient les hommes, aux murs, qui les séparent et les enferment.
On fait pareil aujourd'hui mais… en sens inverse !
On bannit les ponts qui ont permis aux parisiens de rejoindre quelques îles préservées et on célèbre les portes, les murs, les frontières, et tout ce qui nous isole et nous protège.
Restez chez vous ! Chacun chez soi ! C'est le mot d'ordre imposé par le coronavirus, au rebours de toutes les idéologies modernes et progressistes qui étaient, hier encore, le terreau de la pensée dominante.
La crise sanitaire que nous traversons pourrait conduire à une large remise en cause.

En Calédonie, ce n'est pas comme ça que se pose le problème et – les réseaux sociaux mis à part – on relève l'union sacrée qui se fait autour du gouvernement collégial et solidaire.
La politique est en retrait, quasiment absente, même si elle est présente, de façon subliminale, au travers des divers communiqués.

Mais comment ne pas relever, aussi, la différence d'approche de chacune des provinces dans l'appréhension de cette crise ?
Toutes les trois souscrivent aux consignes gouvernementales et appellent leurs ressortissants au respect des gestes barrières et du confinement, mais il n'aura échappé à personne, que dans la Province des îles, ce sont les autorités coutumières qui font la loi. Ce sont elles qui – les premières – ont imposé un blocus, en réclamant l'interdiction des paquebots de croisière et en bloquant le transport aérien et maritime n'autorisant que l'envoi de fret. Des interdictions auxquelles se sont soumis les élus municipaux et provinciaux qui n'ont même pas envisagé de les contester.

Et dans le Nord, si le président de la province a immédiatement appelé à la responsabilité, à la solidarité et au civisme de chacun face à une crise sans précédent, on a vu quelques habitants bloquer les routes comme s'ils pouvaient, ainsi, faire barrage au coronavirus.

Dans le Sud, enfin, on prend immédiatement des mesures en faveur des petites entreprises, on commande des masques et de la chloroquine et on insiste sur la chance que représente le fait d'être français.

Et, forcément, on ne vit pas de la même manière le confinement dans le Sud urbain et dans les îles ou dans l'intérieur du territoire.

Comme si cette pandémie était une expérimentation, grandeur nature, de la différenciation provinciale...