La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

Restez chez vous !
C'est à la fois une consigne, un ordre et un conseil.
Une recommandation, qui concerne près d'un milliard d'êtres humains, qui s'y soumettent désormais, avec plus ou moins de bonne volonté.

On a pu rêver, un moment, que – par on ne sait quel miracle – la Calédonie resterait à l'écart de la pandémie mondiale mais avec 5 cas avérés, nous voilà rattrapés par le coronavirus.
D'ailleurs, soyons honnêtes, nous savions tous que cela arriverait et que la question n'était pas de savoir si nous serions touchés mais quand nous le serions.

Et, finalement, on mesure la chance d'être l'un des derniers endroits au monde où est arrivé le coronavirus, parce que nous avons un temps d'avance.
Nous avons vu les stratégies déployées ailleurs dans le monde. Les réussites et les échecs. Nous avons constaté les gestions souvent erratiques de la crise et nous allons pouvoir nous inspirer de ces succès et de ces erreurs.
Tout en sachant que chacun d'entre nous est condamné à la plus grande humilité en ces temps incertains et qu'il est clair que l'heure n'est pas aux affirmations péremptoires.
Mais bon, la Calédonie a vu ce qui se faisait ailleurs et elle s'inspire à juste titre des dispositifs qui semblent le mieux fonctionner.

A ce titre, la vitesse de réaction est sans doute l'une des clefs essentielles pour remporter le combat et le confinement parait la réponse la plus appropriée pour contenir l'avancée du virus. A condition, bien sûr, que ce soit un confinement strict, général, absolu, total et l'on sait que c'est extrêmement difficile à obtenir en dehors des pays soumis à un régime autoritaire.
D'autant plus que cette obligation de confinement se double d'une nécessité non moins absolue de continuer à faire fonctionner l'économie pour qu'elle ne s'effondre pas.
Un casse-tête qui est peut-être plus facile à résoudre dans un territoire insulaire à la population réduite. L'avenir le dira.
Nous allons donc vous le répéter sans cesse : restez chez vous et ne sortez qu'en cas d'impérieuse nécessité.

Mais quand vous en sortirez, quand cette crise sera finie, n'en doutez pas le monde aura changé.
En quelques semaines déjà, il s'est profondément transformé et le coronavirus a tout emporté sur son passage.

La preuve ? On applaudit à des mesures qui seraient passées, naguère, pour d'insupportables privations de liberté.
La preuve ? Partout, on décide la fermeture des frontières, ce qui serait apparu comme une véritable hérésie dans le monde globalisé dans lequel nous vivions, hier encore.
Partout, la nation et l'Etat sont redevenus des fondamentaux et des refuges, alors qu'il y a peu, ceux qui les invoquaient étaient traités de populistes.
Partout, on s'interroge sur la nécessité du protectionnisme économique alors que le libre-échange était devenue une valeur absolue et incontestable.

Vous avez le temps de réfléchir à tout ça puisque vous devez rester chez vous.

Et d'ailleurs, pour vous inspirer, sachez qu'il parait que c’est pendant la Grande Peste londonienne de 1665, quand il était confiné chez lui, qu'Isaac Newton a découvert la loi de l’attraction universelle. Comme quoi, le confinement peut être inspirant.

Et puis ça tombe bien. Même si vous êtes chez vous, en confinement total, RRB aussi est chez vous.