La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

Il faut savoir tirer les leçons de ses erreurs !
C'est ce qui a motivé la création de ce Front loyaliste destiné à regrouper les partisans du maintien dans la France en vue du référendum du 6 septembre 2020.
Et il est vrai que, pour différentes raisons, ils étaient passés à côté de la campagne pour le premier référendum.

L'assurance de la victoire – qui a été confirmée par les résultats – ne les avaient pas incités à se mobiliser complètement. Ils s'étaient contentés de rappeler tout l'intérêt de la Calédonie à rester au sein de l'ensemble français mais en invoquant, surtout, des raisons matérielles et financières et ils n'avaient répondu que, mollement, aux arguments de leurs adversaires.
Convaincus qu'il ne fallait pas humilier les indépendantistes – qui allaient perdre ce référendum – persuadés qu'il leur était interdit de faire dans le triomphalisme, ils n'avaient pas osé afficher leurs couleurs et le bleu-blanc-rouge était resté fort discret face à la déferlante de symboles indépendantistes.
Mais surtout, les partisans du maintien dans la France ont abordé, dans la division, cette échéance majeure. Pendant les mois qui l'ont précédée, ils se sont déchirés dans des querelles autour du fameux G7, le groupe de travail réuni par le Premier ministre et jamais, ils n'ont été capables de tenir un meeting commun pour appeler au NON à l'indépendance.
Difficile de savoir si le résultat aurait été différent avec une campagne déterminée et dans l'unité des partisans du maintien dans la France mais la timidité de leur campagne, par contraste à la mobilisation des indépendantistes, a sans doute contribué à un score qui, finalement, aura déçu.

C'est, forts de ce constat, que 6 partis loyalistes sur 7 se sont donc regroupés en affirmant qu'ensemble ils étaient plus forts et en espérant que leur union leur permettrait de remporter plus largement le 2ème référendum.
Plus de complexe cette fois-ci ! Ils arboreront le drapeau tricolore et ils défendront un véritable projet de société pour ancrer durablement la Calédonie dans la France.
Et si l'on retrouve sans surprise, dans ce Front loyaliste, les partis de l'Avenir en Confiance, le Rassemblement, les Républicains calédoniens et le MPC, on relève que l'alliance est plus large que pour les dernières provinciales avec la participation de "Tous Calédoniens", du dernier né "Générations NC" et même du Rassemblement national dont personne ne conteste l'engagement pour une Calédonie française mais qui est souvent ostracisé quand il s'agit de réaliser une union.

Ils sont tous là ! Tous, sauf un !
Calédonie ensemble ne souhaite pas intégrer ce front en raison de "son exclusion de toute responsabilité institutionnelle" depuis les provinciales de mai.
Faible argument qui n'est pas à la hauteur des enjeux quand il s'agit de l'avenir de la Calédonie dans la France.
Un prétexte, plutôt, de la part de dirigeants d'un parti qui – pour le coup – n'ont pas tiré de leçons de leurs erreurs et ne sont pas sortis de leur ambiguïté.

On se souvient que, pendant la première campagne référendaire, Calédonie ensemble avait fustigé le radicalisme de ceux qui prônaient un NON large et massif et avait choisi de faire campagne pour la charte des valeurs en affirmant que – quelle que soit l'issue du référendum – les valeurs qui unissaient les calédoniens étaient intangibles.
Le parti de Philippe Gomès va-t-il faire campagne tout seul pour le 2ème référendum ?

Et est-ce vraiment ce que souhaitent ses militants et ses électeurs ? La question vaut d'être posée au lendemain de la réunion de son conseil politique qui s'est réuni samedi, dans une salle à moitié vide.

Mais peut-être ont-ils préféré voir une salle à moitié pleine ?