La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

Participera ou ne participera au 2ème référendum ?
Le Parti Travailliste entretient le suspense et renvoie la décision à une prochaine convention.
Mais tout porte à croire que Louis Kotra Uregei n'a pas très envie d'appeler ses troupes à participer à ce qu'il qualifie volontiers de référendum bidon ou de pseudo référendum d'autodétermination.
Et ce week-end, devant son 10ème congrès, il a carrément mis les pieds dans le plat !

Alors que tous les leaders indépendantistes sont enfermés dans le déni et répètent, inlassablement, comme un mantra, que le oui à l'indépendance va l'emporter le 6 septembre, le président du Parti travailliste, lui, ne fait pas dans la langue de bois.
Il déclare que "contrairement à ce que prétend le FLNKS, les résultats du premier référendum constituent bien un échec pour les indépendantistes"
Et il est persuadé que les indépendantistes perdront aussi le 2ème et le 3ème référendum. "Le FLNKS sait, dit-il, qu'il ne peut obtenir les voix qui lui ont manqué et que le résultat de la consultation de 2020 sera sensiblement identique à celui de 2018."
Et que le scénario se répètera en 2022.

Sans surprise, c'est le FLNKS que Louis Kotra Uregei met directement en accusation. "C'est le FLNKS qui a clairement perdu le referendum", dit-il et il pointe du doigt les renoncements successifs de la coalition indépendantiste.
Il stigmatise ainsi le FLNKS pour s'être rallié à la solution médiane de l'indépendance avec partenariat, préconisée par l'Etat. "Une fausse bonne idée" assène Louis Kotra Uregei qui affirme que "ce prétendu partenariat est évidemment un marché de dupes".

Mais une fois instruit le procès du FLNKS, on s'étonne de l'entendre déclarer que le Parti Travailliste pourrait envisager de participer à la prochaine consultation.
Alors certes, l'appel à la non-participation lui a coûté cher, comme l'ont prouvé les dernières provinciales. Cette attitude radicale n'a pas forcément été comprise par l'électorat indépendantiste et le FLNKS en a profité pour l'ostraciser complètement, mais comment peut-il sérieusement envisager de changer de position alors qu'il ne croit pas une possible victoire aux consultations successives ?
Il met, en fait, une condition à une éventuelle participation.
Et c'est une condition de taille !
Il veut que le FLNKS redevienne un véritable mouvement de libération, qu'il abandonne l'indépendance avec partenariat et qu'il en revienne au projet initial, celui d'une indépendance kanak et socialiste.
Comme un retour, trente ans en arrière, avant les accords dont Louis Kotra Uregei revendique pourtant d'être l'un des signataires.

Mais, comme d'autres avant lui, le président du Parti Travailliste fait surtout le constat que nous sommes dans une impasse.
"Arrêtons de croire à un pseudo destin commun" déclare-t-il, et l'on se souvient qu'à l'autre bord de l'échiquier politique, Pierre Frogier affirmait, il y a quelques semaines que "le destin commun est mort". Étrange résonance…
Et le propre d'une impasse c'est qu'à moins de faire demi-tour, ce que personne ne veut, on ne sait pas comment sortir !