La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

Il y a un an, jour pour jour, la majorité des calédoniens choisissait de rester dans la France.
Un résultat sans appel, incontestable et incontesté.

Mais, un an après ce premier référendum de sortie de l'Accord de Nouméa, la Nouvelle-Calédonie est soudain saisie d'une terrible angoisse.

Et si tout cela ne servait à rien ?

Et si on allait dans le mur ?

Et si on se retrouvait dans une impasse ?

 

En marge du récent comité des signataires, le sénateur Pierre Frogier a posé le diagnostic, et si sa proposition alternative de différenciation provinciale crée le débat, personne ne conteste le constat qu'il dresse concernant l'inanité des trois référendums.

Ces trois consultations ne règleront rien. Elles ne portent pas de solution d'avenir et, de toute façon, les indépendantistes ne se soumettront pas au résultat des urnes.

Un constat repris, d'ailleurs, par l'ancien président du gouvernement, Philippe Germain, qui a surpris tout le monde en se lançant dans une réflexion sur l'avenir, un terrain où on ne l'attendait pas forcément.

 

Mais aujourd'hui, même ceux qui, pendant des années, nous ont seriné "L'Accord, tout l'Accord et rien que l'Accord", doivent se rendre à la réalité.

On ne trouve pas d'issue à l'Accord de Nouméa.

On ne sait pas comment sortir de l'engrenage infernal de ces référendums à répétition.

 

La solution aurait, sans doute, été un nouvel accord comme cela avait été le cas pour prolonger Matignon.

Il aurait fallu remplacer le référendum binaire "oui ou non à l'indépendance" par un référendum d'approbation d'un nouveau statut, mais quand cela a été proposé par Pierre Frogier, personne n'en a voulu et maintenant, il est trop tard !

Clairement, plus personne ne veut d'une solution globale et négociée, tant le premier référendum a crispé les différentes parties et cristallisé les positions.

 

Désormais, il ne s'agit plus de s'entendre sur un destin commun ou sur une communauté de destin. Il ne s'agit plus de dessiner un avenir.

Il s'agit de battre l'autre dans une consultation électorale et, pour cela, de grappiller quelques points, quelques voix, quelques pourcentages.

Mais là non plus, ça ne servira à rien sauf à prendre, éventuellement, un avantage psychologique, mais le rapport de force restera inchangé.

 

Il y a un tout juste an, le NON à l'indépendance l'emportait clairement avec 57% contre 43%. Tout le monde sait que le résultat n'évoluera plus qu'à la marge, d'ici le 3ème référendum.

Le NON à l'indépendance restera donc majoritaire mais serons-nous plus avancés pour autant ? A l'évidence, les indépendantistes n'accepteront pas le résultat tant ils sont convaincus que la seule issue de l'Accord de Nouméa, ce doit être la pleine souveraineté et l'indépendance. Et ils préviennent déjà qu'ils iront discuter directement avec l'Etat.

 

Mais faute de solution, il ne faudrait pas voir perdurer, encore, l'Accord de Nouméa.

Il avait été signé pour 20 ans et il a atteint sa date de péremption. Il est plus que temps de le changer, de le modifier, de l'adapter et même de le remplacer. D'autant plus qu'en vingt ans, il a montré toutes ses faiblesses, ses insuffisances et ses ambiguïtés.

La moindre d'entre elle n'est pas qu'il est sans issue et qu'on ne trouve pas la porte de sortie...