
LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE
La chronique de la semaine écoulée
"Il faut faire attention avec les sondages !"
Ce n'est pas nous qui le disons. C'est Johanito Wamytan, interrogé par la télévision d'Etat sur un sondage IFOP qui affirme que 67% des métropolitains seraient d'accord avec la proposition de Jean-Luc Mélenchon d'accorder l'indépendance à la Nouvelle-Calédonie.
Panique chez le membre UC du gouvernement !
Cette indépendance brutale de la Nouvelle-Calédonie – que préconise le candidat de LFI – ce n'est pas du tout ce que veut son parti. Son président, Emmanuel Tjibaou, a déjà reconnu que la proposition de Jean-Luc Mélenchon, d'organiser un referendum national sur l'indépendance du territoire ne correspond pas au projet de l'UC et il a précisé que le dernier comité directeur a validé un travail sur des programmes partagés, c’est-à-dire que l'Union calédonienne va donner son avis, à LFI, sur la partie qui concerne la Nouvelle-Calédonie.
Mais l'appréhension de Johanito Wamytan est symptomatique. La revendication d'indépendance est un mantra, c'est le fond de commerce de nos indépendantistes mais, en réalité, ils n'en veulent pas. La situation actuelle leur convient très bien et après 40 ans de revendications, ils veulent encore laisser du temps au temps et ils attendent la position de l'Etat. S'ils apportent leur soutien à Jean-Luc Mélenchon – déclare Johanito Wamytan – c'est parce qu'il est le seul à avoir une position qui est assez claire sur... la conservation de la nature. C'est tout dire !
Mais pour en revenir au sondage – dont la télévision d'Etat fait ses choux gras – il faut rappeler d'abord qu'il est d'une confusion absolue et qu'il ne porte qu'incidemment sur la Nouvelle-Calédonie. Concernant l'avenir du territoire, il y a au moins deux lectures possibles dans cette enquête embrouillée qui porte sur "Le rapport des Français au centralisme et au fédéralisme, sur la défense des identités et des langues régionales, ou encore sur les enjeux régionalistes dans la campagne présidentielle."
Et dans tout ce fatras, l'institut de sondage pose deux questions très différentes sur la Nouvelle-Calédonie – qu'il appelle même Kanaky dans l'une des slides du rapport.
Il est, ainsi, demandé aux sondés si, "de manière générale, ils approuvent ou désapprouvent l’objectif de poursuivre la trajectoire de décolonisation de la Nouvelle-Calédonie, pouvant aller d’un État de Nouvelle-Calédonie, inscrit dans la Constitution française jusqu’à celui d’un État souverain par voie de référendum". Une question fourre-tout qui peut concerner, à la fois, un accord du type Bougival ou une accession à la pleine souveraineté. Et à cette question alambiquée 43% des personnes interrogées répondent qu'elles y sont favorables tandis que 19% des sondés n'y sont pas favorables et que 38% n'ont pas d'opinion sur le sujet. Et on les comprend !
Mais l'IFOP fait ensuite un focus sur les propositions des candidats à l'élection présidentielle, en soumettant... la seule proposition de Jean Luc Mélenchon d'accorder l'indépendance à la Nouvelle-Calédonie. C'est à cette question que 67% des sondés – uniquement métropolitains – répondent qu'ils y sont favorables. Mais on peut penser qu'ils ne connaissent rien au sujet et qu'ils n'en ont rien à faire.
Bref, il faut se méfier des sondages. On est d'accord avec Johanito Wamytan. Et il faut surtout s'en méfier quand ce sont manifestement des éléments de déstabilisation.
Mais il faut aussi rappeler – au passage – que l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie ne serait possible qu'avec le consentement des populations intéressées qui, justement, ont dit à trois reprises qu'elles n'en voulaient pas.
De toute façon, ce n'est pas le sujet du moment. Nous avons assisté ces derniers jours à une lutte de l'Union calédonienne contre l'Union européenne. On se demande vraiment qui va gagner ce combat de "géants".


