
LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE
La chronique de la semaine écoulée
Le 24 septembre est désormais un jour férié comme un autre.
Le 173ème anniversaire du rattachement de la Nouvelle-Calédonie à la France, n'a donné lieu à aucun débordement.
Même le président du FLNKS qui, pour la circonstance s'est fendu d'un communiqué, est resté d'une grande sobriété en rappelant succinctement – mais pouvait-il faire moins ? – son engagement infaillible à faire accéder le pays à sa pleine et entière souveraineté. Mais Christian Tein a surtout invité ses militants à fêter l'anniversaire des 40 ans du Kaneka. "On passe ainsi de Kanaky au Kaneka" s'amuse un consultant du club politique qui rappelle qu'en 2024 et en 2025, certains indépendantistes voulaient faire du 24 septembre la date de la promulgation unilatérale de l'indépendance. Autre temps, autre discours et on ne va pas s'en plaindre ! On constate seulement que plus personne ne sait comment célébrer cette date fondatrice alors que la fête de la citoyenneté ne convainc personne et n'a, en fait, aucune réalité.
Mais l'événement du moment se déroule bien loin du lagon même s'il nous concerne forcément directement.
C'est, bien sûr, la visite historique du pape Léon XIV en France. Historique parce que cela fait 18 ans qu'un pape n'avait pas effectué une telle visite dans notre pays, depuis Benoit XVI en 2008. Le pape François avait foulé trois fois le sol français au cours de son pontificat, mais sans jamais y effectuer de visite officielle.
Ce déplacement n'est pas encore terminé mais, déjà, on sent qu'il se passe quelque chose. Comme un grand basculement.
En témoigne l'engouement exceptionnel qui entoure ce voyage avec des manifestations inédites comme la sonnerie rarissime de toutes les cloches de France pendant 7 minutes, comme la ferveur autour des déambulations pontificales et comme l'affluence et la ferveur qui accompagnent toutes les manifestations papales. Des 80 000 jeunes réunis au stade de France en passant par les 800 000 fidèles rassemblés pour la messe célébrée place de la Concorde, sans oublier la multitude présente à Lourdes.
Au-delà des nombreux messages forts exprimés par le pape Léon XIV, on est frappé par la vitalité de ce catholicisme décomplexé qui s'est révélé aux yeux de tous.
Le catholicisme était de plus en plus invisibilisé dans la société française. Il était le plus souvent culpabilisé, moqué, décrédibilisé, écarté ou négligé dans les décisions publiques, dilué par les débats stériles sur la laïcité.
Le pape Léon XIV a changé la donne. Son affirmation des racines chrétiennes de la France, sa volonté de convoquer, dans toutes ses interventions, l'histoire de France et les saints de France, semblent avoir redonné à ses interlocuteurs la fierté d'être catholique et d'être français. Comme s'il avait libéré un blocage psychologique et permis une expression assumée.
Mais son discours porte au-delà des seuls catholiques. Dans une société française fragmentée, divisée, assiégée et confrontée à de nombreux malaises, ce pape vient redonner l'espérance comme en témoigne la joie qui s'affichait dans tous ces rassemblements qui se sont déroulés dans un calme et une sérénité remarquables, en rupture avec les violences et les dégradations qui accompagnent généralement toutes les manifestations organisées en France
Son style, ses propos, son attitude répondent manifestement aux besoins d'une société qui est en recherche de sens, de spiritualité et de verticalité. Jusqu'au thème de sa visite qui s'expose sur tous les supports "Pour que le monde ait la vie". Un tacle discret à un pays qui a constitutionnalisé l'IVG et adopté une loi sur la fin de vie et auquel il a rappelé "la valeur unique et irremplaçable de chaque être humain"
Alors certes, le déplacement du pape Léon XIV est une visite apostolique et pas une visite d'Etat mais c'est aussi, assurément, une visite très politique.


