
LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE
La chronique de la semaine écoulée
Péril jaune sur la Nouvelle-Calédonie. La Chine veut reprendre nos usines.
En y investissant directement dans le cas de KNS ou en contribuant, indirectement, avec une aide technique, dans le cas de PRNC.
Et dans tous les cas... ça bloque !
Le Président de la République s'y opposerait fermement et il aurait clairement fait savoir à la mission transpartisane qu'il fermait la porte aux investisseurs de l'Empire du Milieu. Il a déjà, d'ailleurs, mis son veto à la présence des 200 conseillers techniques chinois que NBM devait amener dans ses bagages pour la reprise de l'usine du Sud. C'est – avec le prix exorbitant du soufre – l'un des arguments du consortium Emirati pour justifier son possible retrait de la reprise de PRNC.
Et nous voilà bien ! Parce que les chinois sont déjà partout dans le nickel. Un secteur qu'ils dominent outrageusement dans la consommation mondiale mais, surtout, dans la production, notamment au travers de leur présence massive dans les usines indonésiennes qui ont déstabilisé le marché au détriment de la Nouvelle-Calédonie.
La Chine est partout dans le nickel et elle aussi, déjà, presque partout dans le Pacifique Sud où elle s'est installée dans de nombreux petits Etats avec des investissements économiques majeurs, une influence diplomatique considérable et une présence maritime qui inquiète. Sans parler de son essai de missile balistique intercontinental qui a, récemment, été condamné à l'unanimité par les dirigeants de la région.
C'est notamment pour contrer cette avancée de la Chine qu'Emanuel Macron a construit un axe indopacifique, dans lequel la Calédonie a sa place, et qui doit contrecarrer la toute puissance de Pékin dans cette région du monde.
Dans son fameux discours de 2018, au théâtre de l'ile, le Chef de l'Etat était d'ailleurs sans ambiguïté quand il déclarait que, "dans cette région du globe, la Chine est en train de construire son hégémonie pas à pas" et il ajoutait "Si nous ne nous organisons pas, ce sera bientôt une hégémonie qui réduira nos libertés, nos opportunités et que nous subirons."
Le refus du Président de la République de voir la Chine prendre pied en Nouvelle-Calédonie est donc, clairement, un choix géostratégique et civilisationnel et cette méfiance intrinsèque envers Pékin concerne, aussi, les techniciens chinois dont les émiratis ont impérativement besoin pour PRNC, mais dont on peut se demander quelle est exactement la technicité.
Exit donc la Chine, mais le problème, c'est que la France et l'Europe ne nous proposent aucune alternative alors que nous avons des usines à faire tourner ou redémarrer et que l'enjeu est la reprise économique de la Nouvelle-Calédonie avec, à la clef, des milliers d'emplois.
Et peut-on défendre les intérêts de la Nouvelle-Calédonie, en faisant l'impasse sur les intérêts de la France ?
Pouvons-nous être français seulement quand ça nous arrange ? Pouvons-nous oublier que, sans la France, notre économie se serait effondrée et que c'est elle qui a permis la survie de nos usines de nickel ? D'autant plus que, si nous voulons retrouver une compétitivité, cela passe par la refonte de notre système énergétique qui représente un investissement de plusieurs milliards d'euros. Et comme l'avait dit Emmanuel Macron, en 2023, sur la place des cocotiers "Là, on ne va pas se battre sur les compétences. Il n'y a que l'État qui peut le financer."
Et puis, il faut être honnête jusqu'au bout et reconnaitre que nous avons notre part de responsabilité puisque nous avons refusé le pacte nickel que l'Etat nous avait proposé pour, justement, financer la mutation de notre industrie.
Et nous voilà face à un dilemme cornélien avec ce choix impossible entre la volonté de l'Etat et la sauvegarde de notre industrie. Mais est-ce vraiment un dilemme, si l'alternative, c'est la Chine ?


