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LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE

La chronique de la semaine écoulée

Elizabeth Nouar
30 août 2026 à 22:16
Milakulo Tukumuli se donne six mois pour renverser la table et redresser la Nouvelle-Calédonie.

Une Déclaration de Politique Générale atypique, dans une période atypique et par un président atypique. Cette DPG était décidément placée sous le signe de l'originalité mais aussi de l'urgence.
Six mois ! 
Milakulo Tukumuli se donne six mois pour renverser la table et pour redresser la Nouvelle-Calédonie. Un pari ambitieux mais le président du 19ème gouvernement est formel. Il n'est pas là pour administrer l'impuissance et, si les moyens ne lui sont pas donnés, il jettera l'éponge et il laissera la place à celui ou celle qui viendra après lui.

Qu'on se le dise ! Il n'est pas là pour faire de la figuration mais pour remettre debout une Nouvelle-Calédonie exsangue, confrontée à d'immenses difficultés économiques, financières et sociales.
Une dramatisation volontaire de la part du président du gouvernement qui veut ainsi mettre la pression sur l'Etat, sur les élus et sur la population calédonienne.

Sur l'Etat d'abord et c'est l'objet de la mission transpartisane qui débute aujourd'hui à Paris. 
Un Etat qui a toujours été là reconnait Milakulo Tukumuli et c'est, d'ailleurs, une réalité qu'il est bon de rappeler. Il déclare que la solidarité nationale n’a pas fait défaut, et encore plus depuis mai 2024. "Les concours de l'Etat ont été massifs et ils ont évité l'effondrement de la Nouvelle-Calédonie. Sans cet appui, la Nouvelle-Calédonie ne se serait pas relevée" rappelle le président du gouvernement.

On notera, à ce propos, que c'est pourtant précisément contre l'Etat qu'ont été organisées les violences insurrectionnelles par ceux qui ont tenté un coup de force politique, camouflé derrière une révolte sociale, pour obtenir l'indépendance. Ils ont échoué et ils tentent, depuis, de s'exonérer de cette responsabilité en évoquant une crise de 2024 qui aurait surgi d'on ne sait où. Mais face à ce déni, il est indispensable de rappeler la réalité des faits. 
Dans ce contexte, le président du gouvernement déclare qu'il ne veut pas demander la charité à l'Etat mais solliciter les moyens et le temps nécessaires pour assumer pleinement nos responsabilités.

Milakulo Tukumuli met aussi la pression sur les élus. C'est à eux, dans un premier temps, d'obtenir une aide de la part de l'État et c'est à eux qu'il reviendra, au final, de décider des indispensables réformes qui seront sans nul doute impopulaires.

Il met, enfin, la pression sur les calédoniens en déclarant qu'il compte sur leur maturité politique et en appelant à la rescousse le concours de toutes les forces vives.

Un discours atypique parce que c'est surtout une déclaration d'intentions, même si elle est volontariste mais elle ne propose aucune réforme précise et c'est là que le bâts blesse. 
Le reproche en a déjà été fait au président du gouvernement et il devra impérativement y répondre au retour de Paris de la mission transpartisane. Une mission dont on n'imagine pas qu'elle revienne les mains vides parce que, justement, la France est toujours là et qu'elle sera là une fois encore. 

Une mission transpartisane à laquelle il manque une composante... le FLNKS !
Il boude, notamment parce qu'il n'a pas été associé à la Déclaration de Politique Générale mais on découvre – autre originalité – que cette déclaration est un acte personnel du président du gouvernement qui l'a écrit tout seul, en n'envoyant qu'une note synthétique aux autres membres de l'exécutif. 
Le FLNKS doit donc trouver un autre alibi à son absence mais, de toute façon, il fait partie du voyage, en pointillé, puisque le député Tjibaou fait partie de la mission. 

Le président de l'UC est à Paris, ce qui fait que l'UC-FLNKS est là, sans y être mais on est désormais tellement habitué à ses caprices que ça ne change rien et que l'on n'y fait même plus attention... 

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