
LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE
La chronique de la semaine écoulée
Les déclarations de politique générale des présidents du gouvernement se suivent et ne se ressemblent pas. Elles dépendent du contexte politique et social, de la majorité du congrès, de la personnalité du président du gouvernement et des contraintes auxquelles il est soumis.
Mais c'est un exercice imposé auquel va se livrer aujourd'hui, Milakulo Tukumuli, le président du 19ème gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Il doit définir ce que sera la politique menée par l'exécutif, sous le contrôle et avec l'aval du congrès, pour la nouvelle mandature.
Cette DPG constitue même le lancement du nouveau mandat, le dernier acte – enfin – de la mise en place des institutions issues des provinciales du 28 juin.
Mais la déclaration de politique générale est, par nature, un acte collégial même si elle porte forcément l'empreinte de celui qui la prononce. Elle est écrite à onze mains, et elle est censée traduire les priorités d'action de toute l'équipe gouvernementale étant entendu que la force majoritaire ne fait pas jouer sa majorité, mais partage le pouvoir avec la minorité.
Le discours du président du 19ème gouvernement devrait toutefois faire la part belle aux engagements de l'accord de gouvernance, signé entre les Loyalistes, le Rassemblement et l'Eveil océanien, pour la période 2026-2031. Un accord qui affichait quatre priorités : reconstruire le modèle économique et social calédonien, donner un avenir à la jeunesse, retisser la cohésion calédonienne et transformer la manière de gouverner.
Un accord de relance et de reconstruction dont l'objectif affiché est de redresser une Nouvelle-Calédonie exsangue avec le gage de disposer au congrès d'une majorité stable pour pouvoir avancer et pour adopter les indispensables réformes.
Mais au-delà des engagements, l'exercice n'est pas simple puisqu'il s'agit de déterminer et de mettre en œuvre des mesures économiques et sociales qui feront consensus et c'est un véritable challenge.
La déclaration de politique générale devra intégrer des réformes qui soient à la fois de droite et de gauche, sans pour autant être centristes. Elles devront traduire, en même temps – si j'ose dire – la ligne libérale des Loyalistes et du Rassemblement et la ligne plus sociale de l'Eveil océanien, sans pour autant heurter la sensibilité des indépendantistes.
Pour relever le défi, le président du gouvernement peut toutefois s'appuyer sur un bilan qui fait l'unanimité. Et ce n'est pas pour rien que l'exécutif a tenu à s'exprimer devant la commission plénière du congrès, pour dresser l'état des lieux de la situation financière et budgétaire de la Nouvelle-Calédonie.
Et elle est catastrophique, tout le monde en convient ! Les finances publiques calédoniennes qui n'étaient déjà pas brillantes, en raison de déficits structurels, ont été terrassées par les violence insurrectionnelles de mai 2024.
En conséquence, si la Calédonie veut s'en sortir, elle doit faire des réformes et cela passe par une politique de rigueur et par des économies drastiques pour rétablir les équilibres. L'exposé de la situation devant le congrès a donc permis de mettre tout le monde en condition, les élus comme la population et de préparer le terrain pour la déclaration de politique générale qui sera prononcée aujourd'hui.
En février 2025, le prédécesseur de Milakulo Tukumuli, Alcide Ponga avait prôné le pragmatisme et il avait appelé à assainir les finances publiques, à rééquilibrer les dépenses de santé, à relancer l'économie et les investissements, à diversifier l'économie et à renforcer l'attractivité de la Nouvelle-Calédonie. Et il appelait, déjà, à imaginer un modèle sociétal renouvelé, inclusif et durable qui garantit un avenir aux Calédoniens dans la confiance, la paix et la stabilité.
Finalement, les déclarations de politique générale des présidents du gouvernement se suivent et souvent, elles se ressemblent.


