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LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE

La chronique de la semaine écoulée

Elizabeth Nouar
29 juin 2026 à 21:27
Jamais, depuis 1999, la province Sud n'avait connu une telle majorité. A l'époque, le RPCR avait obtenu 25 sièges sur 40 à l’assemblée de la Province Sud dont 20 élus au Congrès.

Dieu sait si elles étaient attendues ces élections provinciales !
Reportées à trois reprises, elles devaient mettre un terme à un mandat sans fin, débuté en 2019 et rallongé de deux ans.
Un mandat interminable marqué par des crises successives et des incertitudes institutionnelles et plombé par une absence de majorité claire au congrès de la Nouvelle-Calédonie.

Et surtout – à entendre les bonnes âmes – ces provinciales devaient battre en brèche l'insupportable bipolarisation de la vie politique calédonienne.
Les modérés autoproclamés répétaient, à l'envi, depuis des mois, qu'il fallait en finir avec les extrêmes et les radicaux des deux bords, renvoyant dos à dos, les défenseurs d'une Calédonie française – au discours parfois rugueux – et ceux qui, en mai 2024, avaient mis la Calédonie à feu et à sang.
Ils se présentaient comme la 3ème voie, celle des centristes raisonnables et ils affirmaient, péremptoirement, que ces provinciales allaient permettre l'émergence d'une voie médiane.
Et bien c'est raté ! Pour la plupart d'entre eux, le seuil de 5% des inscrits était trop élevé, impossible à franchir, et au lendemain du scrutin, on recherche le centre désespérément.
Il faut dire qu'ils s'étaient eux-mêmes pénalisés avec cette dispersion façon puzzle, guidée par les ego et les susceptibilités. Mais même quand on additionne les voix, des 4 ou 5 listes qui incarnaient cette mouvance, on arrive à la moitié du score réalisé par la liste d'union Les Loyalistes-Le Rassemblement.
La politique ce n'est pas de l'arithmétique mais les chiffres révèlent une tendance lourde. Quelque 20 000 voix se sont portées sur les listes du centre quand la liste "Forts et unis" en rassemble plus de 41 000.

Une victoire très large dont l'ampleur a surpris même ses thuriféraires. 
Jamais, depuis 1999, la province Sud n'avait connu une telle majorité. A l'époque, le RPCR avait obtenu 25 sièges sur 40 à l’assemblée de la Province Sud dont 20 élus au Congrès. La liste d'union "Les Loyalistes le Rassemblement" réalise l'exploit d'occuper 28 sièges sur 40 à l'assemblée de province et 22 sièges sur 54 au congrès.
Clairement, il s'est passé quelque chose, lors de ce scrutin provincial, et les calédoniens se sont focalisés sur l'essentiel, le choix existentiel entre la France et l'indépendance.
Ils ne veulent pas d'un entre-deux ou d'un "ni oui, ni non" qui n'apportent, en réalité, aucune solution d'avenir. 
Et ils ont aussi réagi, dans les urnes, au traumatisme du 13 mai. On relèvera d'ailleurs que, malgré un corps électoral ouvert aux natifs – et donc en partie dégelé – ce scrutin s'est déroulé sans aucun incident. Un élément à prendre en compte pour tous ceux qui persistent à affirmer que le corps électoral est, forcément, un détonateur. 
On regrettera néanmoins, du même coup, la faible participation des électeurs de la liste spéciale, qui bénéficient pourtant d'un droit que d'autres n'ont pas. Mais c'est une autre histoire...

Et puis on entend aussi la déception, ou les regrets, sur l'absence de majorité au congrès de la Nouvelle-Calédonie avec l'impression que ce scrutin, que l'on disait déterminant, nous ramène à la case départ. Mais en fait, depuis 1999, il n'y a jamais eu de majorité prédéterminée au congrès. Elle a toujours été le fruit de discussions et de négociations entre forces politiques. C'est même l'esprit des accords de donner des majorités stables et incontestables aux provinces et de laisser le compromis faire son œuvre au congrès et au gouvernement.
Les provinciales de 2026 s'inscrivent donc parfaitement dans cette logique et ça tombe bien parce qu'aux dernières nouvelles, l'Accord de Nouméa n'est pas mort tant qu'il n'aura pas été remplacé.

On ne peut pas en dire autant de Calédonie ensemble qui a disparu corps et biens. Mais, au risque de vous décevoir, je n'en dirai rien. On ne tire pas sur une ambulance. Et encore moins sur un corbillard.

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