
LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE
La chronique de la semaine écoulée
Les élections municipales sont passées. Ça, c'est fait !
Et le vaste renouvellement, auquel elles ont abouti, traduit une évolution sensible du paysage politique calédonien avec une division poussée à l'extrême dans le camp indépendantiste.
On faisait généralement le constat que les partis indépendantistes étaient divisés mais qu'ils se retrouvaient toujours au moment des élections. C'est un principe qu'il faut désormais conjuguer au passé.
En faisant des municipales, un référendum pour ou contre Bougival, l'UC FLNKS s'est tiré une balle dans le pied. Difficile de savoir si les électeurs se sont prononcés en fonction de l'accord signé le 12 juillet, mais ils semblent surtout s'être exprimés pour rejeter la violence et les outrances et pour souhaiter l'apaisement. Il est significatif que le FLNKS ait essuyé des échecs, justement dans les communes où son président Christian Tein est allé faire campagne et c'est peut-être ce qui justifie la violence de sa réaction vis à vis de l'UNI qui est clairement l'adversaire désigné.
Dans un communiqué au ton rageur, le président du FLNKS affirme, ainsi, que l'UNI encaisse "un revers cuisant" et il dénonce "un virage préoccupant de l’UNI qui a préféré fragiliser l’unité du Peuple Kanak pour faire le jeu des partis Loyalistes et du gouvernement français."
Ce à quoi l'UNI répond en s'interrogeant "sur le monopole que le FLNKS prétend détenir sur l'électorat indépendantiste."
Des échanges qui devraient relativiser les certitudes des députés LFI et socialistes, qui s'opposent à Bougival parce que, selon eux, le FLNKS – et donc le peuple premier – y est opposé.
Tout le monde a bien compris que l'adoption de la réforme constitutionnelle, qui doit inscrire Bougival dans la Constitution, est mal partie après son rejet par la commission des lois et le dépôt de milliers d'amendements par La France Insoumise et les communistes. Mais il reste encore quelques voies étroites qui peuvent être explorées, des scénarios improbables qui permettraient de sauver Bougival.
Le premier c'est la recherche d'une introuvable majorité par la négociation avec les socialistes et/ou le Rassemblement national qui est, lui aussi, opposé au texte.
Le deuxième, c'est la consultation directe des calédoniens, qui serait déconnectée du cheminement parlementaire, mais qui donnerait une indication sur l'adhésion, ou non, des calédoniens à Bougival.
Le troisième, c'est la suspension du projet de loi constitutionnelle et une ouverture partielle du corps électoral, avant les élections provinciales, mais les partisans de la France refusent une demie mesure qui n'ouvrirait le corps électoral qu'aux natifs.
Le quatrième, c'est celui d'une suspension de l'actuelle réforme constitutionnelle et l'organisation des élections provinciales, avant la fin juin, avec un corps électoral gelé mais ça, pour le coup, ce serait inacceptable pour les partisans de la France.
Le cinquième, c'est que le Président de la République ressorte le projet de loi constitutionnelle sur le corps électoral, celui qui avait mis le feu aux poudres en mai 2024 et qui n'est que suspendu. Mais cela apparaitrait peut-être comme un tantinet provocateur.
Il y a aussi l'hypothèse où la motion de rejet, déposée par Emmanuel Tjibaou, est adoptée. Dans ce cas, le texte ne serait pas examiné par les députés et il repartirait directement au Sénat pour une seconde lecture avant de revenir à l’Assemblée. Le temps peut-être de faire évoluer les positions.
Le suspense est intense et – vous l'aurez compris – les provinciales, c'est loin d'être fait !


