
LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE
La chronique de la semaine écoulée
Pour quoi et pour qui les calédoniens ont-ils voté dimanche, lors du premier tour des élections municipales ?
Quelles étaient leurs motivations et qu'avaient-ils en tête en mettant leur bulletin dans l'urne ?
Ce sont des questions que l'on est en droit de se poser au vu des résultats et du contexte particulier dans lequel s'est déroulé ce scrutin.
D'abord, ils ne se sont pas bousculés dans les bureaux de vote et cela interpelle pour une élection qui concerne le corps électoral général, c’est-à-dire l'ensemble des électeurs quelle que soit leur origine ou leur durée de résidence.
Le taux de participation atteint 56,08%. C'est trois points de plus qu’il y a 6 ans mais c'est 10 points de moins qu'en 2014.
Et pourtant, au vu du nombre de listes et donc de candidats en présence, on pouvait penser que ce scrutin motivait en Nouvelle-Calédonie.
Mais n'oublions pas que c'est une élection à deux tours et que ceux qui ont raté le coche pourront se rattraper dimanche prochain, d'autant plus que l'offre est encore très copieuse avec de nombreuses triangulaires, quadrangulaires et même quinquangulaires.
Sans attendre ce second tour, on tire déjà quelques enseignements du vote de dimanche.
Il faut dire que les calédoniens attendent de participer à des élections provinciales qui sont, sans cesse, repoussées et on peut penser qu'au-delà de la désignation d'un conseil municipal et d'un maire, les électeurs ont voulu exprimer un choix sur leur avenir et sur la manière dont ils voulaient qu'il soit pris en compte.
De toute façon, sur le territoire, quelle que soit l'élection, c'est toujours un choix existentiel. On vote pour la France ou pour l'indépendance et c'est encore ce qui s'est passé ce dimanche.
Avec des nuances supplémentaires.
Chez les partisans de la France – faute de provinciales – le scrutin municipal servait d'exutoire après les violences insurrectionnelles de mai 2024. Il a permis, aussi, de mesurer l'impact des stratégies et force est de constater que la 3ème voie ou la voie médiane n'ont pas été plébiscitées. Elles semblent même avoir été désavouées quand on voit que Calédonie ensemble n'est plus que l'ombre d'elle-même, que l'Eveil océanien ne sauve la face qu'à Païta et qu'à Bourail, les électeurs ne semblent pas adhérer à l'alliance du maire sortant avec les indépendantistes.
A l'inverse, les listes qui assument sans ambiguïté leur attachement à la France devancent largement leurs adversaires de la "voie du milieu". Même si ceux qui se qualifient de modérés continuent de les caricaturer en dénonçant leur "radicalité".
Avec, en plus, une prime à l'union qui n'a pas toujours été au rendez-vous.
Chez les indépendantistes, aussi, ces municipales servaient de clarification. L'UC-FLNKS a fait de ce scrutin un référendum pour ou contre Bougival. Mais, à l'issue de ce premier tour, la réponse n'est pas évidente.
Et c'est aller un peu vite en besogne de dire que l'UC sort renforcée.
D'abord, parce qu'historiquement, elle est très bien implantée au niveau municipal et qu'elle part donc avec une longueur d'avance sur l'UNI.
Ensuite, parce que ses victoires de premier tour, ont lieu dans des fiefs imprenables – comme Hienghène ou Lifou – ou dans de toutes petites communes. Et ce serait oublier les revers qu'elle subit à Koné ou à Maré. Sans parler des conséquences des divisions du camp indépendantiste. Il faudra attendre l'issue du second tour pour savoir si la ligne dure du nouveau FLNKS a progressé, ou non, au niveau communal.
Mais on peut déjà saluer le bon déroulement du scrutin.
C'est tout de même mieux quand les indépendantistes s'expriment dans les urnes plutôt que sur le terrain...


