La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

La démission c'est tendance ! Ça se fait beaucoup ces temps-ci.
En métropole mais aussi, en Nouvelle-Calédonie.
Le dernier exemple en date, c'est celui de Louis Kotra Uregei qui renonce à tous ses mandats, à la province des îles, au Congrès et au conseil municipal de Lifou.
Le président du parti travailliste, justifie cette démission par des raisons très politiques et il mène une véritable charge contre le FLNKS en déclarant qu'il lui semble "difficile de rester dans les institutions avec des partis qui ont trahi la cause kanak". 
Depuis des années Louis Kotra Uregei affirme sa singularité au sein du monde indépendantiste et c'est une véritable figure du monde politique calédonien qui se retire des institutions. Et même s'il affirme qu'il ne quitte pas, pour autant, la vie politique, il participe au grand renouvellement auquel on assiste depuis plusieurs mois.
Il y a eu la démission de Pierre Frogier de la présidence du Rassemblement qu'il a confiée à Thierry Santa. La démission d'Harold Martin pour laisser la place à son dauphin Willy Gatuhau. La démission d'Éric Gay, remplacé par son premier adjoint Eddie Lecourieux.  

Il y a eu, aussi, des démissions très politiques.
Celles de Nicolas Metzdorf et de Nina Julié qui ont quitté Calédonie ensemble pour protester contre la tentative de conclure une alliance avec le FLNKS.
Celle de Bianca Hénin, de ses fonctions de secrétaire fédérale du Rassemblement national, pour se démarquer de la relève choisie par Paris.
Celle d'Arnaud Chollet-Leakava, le secrétaire général du RDO, qui a démissionné, de son parti.
Je vous le disais, la démission c'est tendance !

Et pourtant, il y en a qui n'y arrivent pas. Ils ne savent pas faire, ils ne peuvent s'y résoudre, ils s'incrustent.
Et c'est, singulièrement, le cas de Philippe Gomès.
Il ne s'en va que quand, vraiment, c'est obligatoire, quand il ne peut pas faire autrement mais même dans ce cas-là, il s'accroche jusqu'au bout.  
Ainsi, en 2017, il a bien dû se conformer aux nouvelles règles d'incompatibilité avec son mandat de député, mais c'était à contrecœur.
Il a démissionné, à reculons, de la présidence du Syndicat à vocation multiple de La Foa. Il a ensuite dû démissionner, mais à regret, de la présidence d'Enercal.
Et comme il n'en pouvait plus, il a pris tous les risques en se maintenant, jusqu'au bout – on s'en souvient –
 à la présidence de NCE, dont il a finalement été contraint de démissionner sur injonction du Conseil Constitutionnel.

Il doit, maintenant, démissionner du conseil d'administration d'Eramet mais une fois encore, il recule devant l'obstacle.
Et pourtant, la STCPI l'a révoqué et a nommé à sa place Sonia Backès, mais Philippe Gomès refuse obstinément de démissionner.
Là encore, il ne le fera que contraint et forcé quand une assemblée générale d'Eramet le révoquera mais ça prendra du temps, au moins jusqu'à l'année prochaine.

Et c'est vraiment très curieux de la part d'un homme qui aura marqué la vie politique récente par les démissions collectives à répétition, quand il s'amusait à faire tomber les gouvernements.
On dirait que c'est plus difficile quand c'est une démission individuelle !