
LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ÉCOULÉE
La chronique de la semaine écoulée
Que d'incertitudes pour cette année 2026 alors que c'est déjà la dernière semaine de vacances scolaires et que la rentrée se profile !
Des incertitudes, pas tant sur la rentrée des classes – hormis le psychodrame de la DDEC – mais des incertitudes partout ailleurs et, singulièrement, sur le calendrier politique des prochains mois dont on sait seulement qu'il sera très fourni et, qu'en théorie, les calédoniens devraient être appelés aux urnes à trois reprises.
Ce sera d'abord pour les élections municipales et c'est l'une des rares dates dont on soit sûr. Elles auront lieu les 15 et 22 mars.
Une autre date est certaine, celle du 24 février pour le début de l'examen, par le Sénat, de la réforme constitutionnelle qui devra, ensuite, être examinée par l'Assemblée nationale. Et on parle déjà – selon un confidentiel du Figaro – de la date du lundi 13 avril pour une réunion du Parlement en Congrès à Versailles pour adopter la révision constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie. Une date à prendre avec précaution étant donnés tous les obstacles qu'il faudra franchir d'ici là.
L'adoption, par le Sénat, de la réforme constitutionnelle ne devrait pas causer trop de problèmes sauf que... le groupe socialiste émet déjà des réserves et prétend amender le texte. Et ce ne sont pas les deux sénateurs calédoniens qui défendront l'accord de Bougival. Même si ce n'est pas pour les mêmes raisons, ils y sont tous les deux opposés. Voilà qui ne va pas simplifier la compréhension de leurs collègues du Palais du Luxembourg ! Mais passé le Sénat – en espérant que le texte ne soit pas trop amendé, ce qui compliquerait son examen par les députés – ce sera l'épreuve du Palais Bourbon.
Et là, rien n'est joué au vu des oppositions déjà identifiées et de celles qui pourraient se manifester.
C'est seulement si les députés et les sénateurs adoptent la réforme constitutionnelle, en termes identiques, que le Congrès sera convoqué à Versailles où le texte devra être approuvé à la majorité qualifiée des trois cinquièmes. Et c'est seulement si cette réforme est adoptée que le reste du calendrier pourra se dérouler, comme prévu, avec la consultation des calédoniens, en juin ou juillet, et les élections provinciales avant le 31 décembre.
Pour ne rien omettre de la complexité de la situation, il faut rappeler que cette réforme constitutionnelle comprend une ouverture du corps électoral pour les élections provinciales. Un sujet qui, depuis mai 2024, a pour beaucoup des allures de nitroglycérine.
Bref, rien n'est sûr hormis les municipales des 15 et 22 mars et même si on nous répète que c'est un scrutin local et de proximité, il y a fort à parier que l'accord de Bougival et son accord complémentaire "Elysée Oudinot", s'inviteront dans la campagne.
Mais pour l'instant que la donne est confuse ! On assiste à une fragmentation de tous les camps et parfois, à une concurrence absurde face aux enjeux calédoniens.
Une division qui touche tous les camps mais qui frôle la dispersion chez les indépendantistes. Après que l'UNI et l'UPM aient quitté le nouveau FLNKS, voilà que ces deux partis sont soumis à une dissidence, soigneusement instrumentalisée, qui vient encore ajouter à la confusion.
L'Eveil océanien, aussi, est rattrapé par la division, certains de ses militants refusant son orientation trop favorable à l'indépendance. Mais cela ne rebute pas Calédonie ensemble qui – nécessité fait loi – avait déjà constitué un groupe politique, au congrès de la Nouvelle-Calédonie, avec le parti océanien et qui va, maintenant, s'associer à lui pour les municipales. Une recomposition qui donne du corps à la 3ème voie, ou à la voie médiane comme ils l'appellent. Celle qui a signé Bougival après avoir approuvé Deva.
Décidément, cette année risque d'être celle de toutes les incertitudes mais aussi de toutes les incohérences.


