Radio Rythme Bleu

La chronique de la semaine écoulée

30 octobre 2023 à 00:42

Le dialogue continue mais le calendrier tourne à un rythme qui peut paraitre angoissant si l'objectif est bien d'aboutir à un accord avant la fin de l'année.

Le dialogue continue.
C'est le message que tient à faire passer l'Etat. Le dialogue continue même si le ministre de l'intérieur et des outremers – retenu pas ses obligations nationales et internationales qui vont de la lutte contre le terrorisme en passant par la loi immigration pour n'en citer que les plus brûlantes – a reporté son déplacement en Nouvelle-Calédonie.
Gérald Darmanin sera là fin novembre et non pas fin octobre mais les discussions sur l'avenir institutionnel se poursuivent, orchestrées par le préfet Bastille, qui brave le décalage horaire, et jongle entre ses fonctions de monsieur Calédonie et de directeur de cabinet adjoint du ministre de l'intérieur et des outremers.
On en est déjà à la version deux du document martyr et il y a des évolutions notables apportées par l'Etat et par les différents groupes politiques qui ont accepté de se prêter à l'exercice.
L'Union calédonienne est, pour l'instant, la seule à se tenir à l'écart de ce document que tous les indépendantistes jugent inacceptable, mais son congrès du 9 au 12 novembre pourrait permettre un infléchissement.
Elle a suspendu toutes les rencontres avec les représentants de l’Etat, jusqu'à cette date mais le report, très opportun, de la visite de Gérald Darmanin pourra lui permettre de reprendre les discussions sans se dédire et sans perdre la face.
A ce titre, l'élection du président de l'UC, qui est un enjeu annuel, prendra tout son sens cette année. D'autant plus que le frère ennemi de l'UC, le PALIKA joue au bon élève qui parle avec l'Etat et qui se déclare prêt à parler avec son partenaire local. L'Union calédonienne ne peut se permettre – au vu de l'histoire – de rester sur la touche des discussions sur l'avenir.

Le dialogue continue donc et il n'est pas question de le laisser parasiter par un ancien député préretraité qui tente de s'immiscer dans le calendrier et la méthode de l'Etat. La proposition de discussions directes entre les groupes politiques du Congrès, lancée par Calédonie ensemble a fait pschitt.
C'est trop tard ou trop tôt mais à ce stade personne n'en veut car l'heure n'est pas à l'instrumentalisation
Et pourtant, le calendrier tourne à un rythme qui peut paraitre angoissant si l'objectif est bien d'aboutir à un accord avant la fin de l'année.
Un accord a minima sur le corps électoral pourrait être possible, une fois que les indépendantistes auront admis que le dégel est incontournable et que c'est une exigence démocratique. Cet accord a minima serait même indispensable si le Président de la République veut réunir le Congrès de Versailles parce que s'il doit passer en force, la modification constitutionnelle deviendrait très aléatoire.
Mais cet accord a minima serait notoirement insuffisant. Il faut aussi que les indépendantistes acceptent la modification de la représentation des provinces au congrès de la Nouvelle-Calédonie, qui est aussi un impératif démocratique mais qui leur nuirait fortement.
Et il faut, enfin, trouver un accord sur la question de l'autodétermination qui apparait aujourd'hui comme un point dur. Il y a le délai qui pose problème mais aussi le mode de déclenchement de ce référendum qui ne serait plus une consultation binaire.
Bref, il reste quelques questions à régler dans les semaines qui viennent mais on se rassure, le dialogue continue…

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