Radio Rythme Bleu

La chronique de la semaine écoulée

14 août 2023 à 00:48

En Calédonie, consensuel rime rarement avec nickel

En Calédonie tout commence et tout finit par le nickel.
On le sait pertinemment mais on l'oublie régulièrement et on se retrouve à chaque fois pris au piège.
Quand on évoque, aujourd'hui, les accords de Matignon, on parle surtout partage du pouvoir et rééquilibrage économique mais on omet, souvent, de rappeler que l'un des éléments essentiels de ce rééquilibrage, c'est la vente de la SMSP de Jacques Lafleur à la SOFINOR. La SMSP qui devenait le fer de lance et le bras économique des indépendantistes dans le contrôle et l'exploitation du nickel.
Et quand on parle de l'Accord de Nouméa, on oublie, parfois, de le resituer dans le contexte du préalable minier, la condition posée par les indépendantistes pour accepter de participer aux négociations en vue d'une solution consensuelle. Ils voulaient l'accès à la ressource pour permettre à la SMSP, de mener une activité industrielle. Ils réclamaient Tiébaghi que la SLN ne voulaient pas leur céder mais l'Etat a mis son poids dans la balance et finalement, le 1er février 1998, l'accord de Bercy entérinait l'échange des massifs de Poum et de Koniambo.
La SMSP récupérait la pépite du Koniambo qui appartenait à la SLN et celle-ci récupérait, en échange, le massif moins important de Poum.
Comme on se retrouve !
C'est Poum qui est, de nouveau, sous les feux de l'actualité alors que l'Etat tente d'organiser des discussions tripartites et c'est la SLN – qui n'en peut mais – qui se retrouve, de nouveau, au centre du jeu.
N'allez pas croire que c'est un hasard de l'histoire !
Il suffit, pour s'en convaincre, de lire les déclarations de Paul Néaoutyine et de Daniel Goa qui sont tous les deux montés au créneaux de façon virulente, ces derniers jours, après l'annonce, par la SLN, de l'arrêt de l'activité du massif de Poum, faute d'autorisation d'exploitation de la part de la Province Nord.
Et les deux leaders indépendantistes n'y sont pas allés de main morte pour fustiger l'Etat et la SLN.
Paul Néaoutyine qui en profite pour réaffirmer son opposition à l'exportation de minerai brut, au rebours de ce que préconisent le rapport de l'IGF et les déclarations du Président de la République. Il faut dire que le président de la Province Nord a dû être terriblement vexé par l'injonction du Chef de l'Etat à "bouger la doctrine nickel". A tel point, d'ailleurs, que Paul Néaoutyine a entendu autre chose que tous ceux qui ont écouté Emmanuel Macron. A l'en croire, le Président de la République a dit, en réalité, qu'il fallait bouger le code minier et non la doctrine nickel. Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
Et le président de l'UC va encore plus loin en proposant une solution simple : "que la SLN opère son usine dans le sud et qu'elle laisse nos entreprises minières du nord exploiter nos mines." En clair, chacun chez soi !
On est loin de l'époque où la SOFINOR voulait mettre la main sur l'usine du Sud mais cela ressemble, à s'y méprendre à une volonté de partition.
Bien loin de la stratégie nickel que doivent élaborer les responsables politiques calédoniens en même temps que le nouveau statut qui doit se construire dans le consensus.
Mais en Calédonie, nickel rime rarement avec consensuel

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