Radio Rythme Bleu

La chronique de la semaine écoulée

9 mai 2022 à 00:37

En Calédonie l'histoire ne se répète pas ! Elle bégaie...

Bienvenue en Calédomacronie !
C'est Emmanuel Macron qui désigne ses candidats calédoniens aux élections législatives et c'est son parti, l'ex-LREM devenu Renaissance, qui adoube la nouvelle union des loyalistes.
Mais après tout, c'est ce que veulent les électeurs calédoniens qui ont offert l'un de ses meilleurs scores au président réélu avec plus de 40% des suffrages au premier tour et plus de 61% au second. Un ralliement d'autant plus spectaculaire que la Nouvelle-Calédonie avait donné ses plus mauvais résultats à Emmanuel Macron, en 2017, avec seulement 12% des suffrages au premier tour.
Mais il n'y a – dit-on – que les imbéciles qui ne changent pas d'avis et, entretemps, le candidat qui qualifiait la colonisation de "crime contre l'humanité" est devenu le président champion de la Calédonie française.
Je vous le disais, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

Et en plus, ce jeune président fait des miracles ! Non content d'avoir rallié les calédoniens à sa cause, il a aussi convaincu les leaders loyalistes de se réconcilier et de s'entendre pour préparer l'avenir ensemble.
Eux qui, depuis quelques années, pratiquaient avec un art consommé, la scissiparité, ont décidé de jeter la rancune à la rivière et de se regrouper pour porter, ensemble, un projet politique commun dans la perspective des discussions sur l'avenir.
Ils sont tous réunis !
Tous sauf… le Rassemblement qui est exclu de cette structure politique pérenne – qui se veut une véritable maison commune de la majorité présidentielle calédonienne – au motif notamment qu'il n'a pas soutenu Emmanuel Macron.
Mais réunir quatre partis que, jusque-là, tout ou presque opposait, c'est assurément un exploit même si les plus sceptiques relèvent que ce n'est pas la première fois que l'on assiste à ce type de regroupement qui, en général, ne dure que le temps d'une échéance électorale.
Et c'est vrai que, ces dernières années, on a connu l'Entente républicaine, le Front pour l'unité, le Contrat de gouvernance solidaire, la Plateforme, l'Avenir en Confiance, les Loyalistes… et peut-être en oublie-je !
Ce n'est pas parce que ça a échoué à chaque fois qu'il ne faut pas réessayer disent les plus optimistes qui sont convaincus que cette fusion absorption des différents mouvements dans un parti unique permettra "d’offrir aux calédoniens une unité réelle et sincère, déliée des échéances électorales."
Ça part d'un bon sentiment, celui de refaire l'unité d'une famille loyaliste, éparpillée façon puzzle, pour tenter de reconstituer une alliance, une union, un front commun, capable de discuter face aux indépendantistes.

Le problème, c'est que les indépendantistes, eux, ne veulent pas discuter et ils l'ont répété lors de leurs congrès du week-end. Ils campent sur leurs positions. Ils contestent le 3ème référendum, ils ne veulent parler que de la pleine souveraineté et ils ne veulent en parler qu'avec l'Etat.
Ils ont le même souci d'unité qu'ils définissent comme "la boussole qui doit guider le mouvement indépendantiste".
Mais pour eux, pas de rénovation. C'est le FLNKS et ses signataires historiques qui seront autour de la table, alors que les loyalistes ont quasiment mis à la retraite leurs signataires historiques.

Décidément, en Calédonie non plus l'histoire ne se répète pas. Elle bégaie.

Nos derniers tweets
La newsletter
Nos réseaux sociaux
Radio Rythme Bleu

4 rue de Sébastopol
Nouméa

Standard : 25 46 46

Rédaction : 25 45 00

Fax : 28 49 28

E-mail : [email protected]