Radio Rythme Bleu

La chronique de la semaine écoulée

28 mars 2022 à 01:17

Un grand vide politique s'est installé mais les indépendantistes se sont mêlés de le remplir de façon radicale.

Plus de trois mois après la consultation du 12 décembre, on est obligé de constater le grand vide politique qui s'est installé en Nouvelle-Calédonie.
Passé le constat des résultats et du triple NON des calédoniens à l'indépendance. Passé l'affirmation que la Nouvelle-Calédonie resterait française, ce sont d'autres préoccupations qui se sont imposées.
Les vacances d'abord, mais aussi la gestion de la crise sanitaire, la situation catastrophique des finances publiques, les inquiétudes sur l'évolution économique et, enfin, la perspective de l'élection présidentielle et des élections législatives.
Dans ce contexte, l'avenir institutionnel pouvait attendre.

D'autant plus qu'au lieu de battre le fer quand il est chaud et de poser immédiatement les bases d'un dialogue, il a été instauré une période de transition de 18 mois.
Et l'Etat avait prévenu : entre les échéances nationales, la mise en place du nouveau gouvernement, l'installation de l'Assemblée nationale et les vacances d'été métropolitaines, il ne se passerait rien avant le mois de septembre.
Bref, rien ne servait de se presser, alors que l'actuelle mandature de l'Accord de Nouméa se termine en mai 2024 et qu'il est convenu que les calédoniens ont jusqu'à juin 2023 pour réfléchir à l'évolution statutaire.

Un grand vide politique s'est donc installé mais la nature a horreur du vide et les indépendantistes se sont mêlés de le remplir de façon radicale.
D'abord sonnés par les résultats d'un scrutin, qu'ils avaient réclamé avant de refuser d'y participer, ils contestent désormais la 3ème consultation et ramènent le débat politique calédonien quelques années en arrière, bien avant les accords de Matignon et de Nouméa.
Les uns réclament un référendum "de souveraineté et d’émancipation", les autres, un "référendum d'autodétermination" organisé par l'ONU.
Personne n'est dupe de cette surenchère. Elle cache mal une absence de véritable stratégie et de réelles divergences en interne, sur fond de querelles de leadership, mais l'on aurait peut-être pu faire l'économie de ce durcissement en tirant à chaud les conséquences du 3ème référendum.

Ce sera à la nouvelle équipe issue des élections nationales de traiter le dossier et d'aider les calédoniens à trouver, enfin, une solution institutionnelle. Mais l'on n'est pas à l'abri, là non plus, de surenchères, quand on constate les vives oppositions que révèlent, localement, ces échéances. L'expérience a d'ailleurs mille fois démontré que les avancées politiques calédonienne se fracassent, en général, sur les rendez-vous électoraux.
Le risque est d'autant plus grand que, d'ici-là, la situation aura forcément évolué.
Déjà, il faut redéfinir la fameuse stratégie indopacifique, au regard de l'évolution stratégique imposée par la guerre en Ukraine mais, à n'en pas douter, d'autres éléments viendront troubler le conteste général dans lequel évolue la Nouvelle-Calédonie.

A ce titre, on remarquera la différence de traitement réservée à la Corse. Dans des circonstances certes particulières, les exigences de délai n'ont été pas les mêmes.
Alors qu'en Calédonie, il est urgent d'attendre, l'Etat n'a pas hésité à ouvrir des discussions sur l'autonomie de la Corse, à trois semaines seulement de l'élection présidentielle.
Comme quoi ! Vérité en deçà du lagon, erreur au-delà…

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