Radio Rythme Bleu

La chronique de la semaine écoulée

7 février 2022 à 06:52

Près de deux mois après la consultation du 12 décembre, les indépendantistes dirigent toujours les deux principales institutions du territoire et l'urgence ne semble pas de les en déloger.

C'est la dernière mode en Nouvelle-Calédonie.
Poster une photo avec le candidat que l'on soutient à la présidentielle et quand c'est le président de la République, lui-même, c'est encore mieux.
On a ainsi vu la présidente de la Province Sud poser aux côtés d'Emmanuel Macron, en cravate.
Puis les trois parlementaires de Calédonie ensemble poser aux côtés d'Emmanuel Macron, en col roulé.
Cette particularité vestimentaire a-t-elle un sens caché ? Je vous laisse libres de vos interprétations.
Mais on constate aussi que les "macronistes" historiques – ceux qui depuis l'origine ont soutenu le chef de l'Etat et ont mis en place, ici, son comité de soutien – n'ont pas eu cet honneur de poser avec leur candidat… pas encore déclaré, d'ailleurs.
C'est l'éternel scénario des ouvriers de la onzième heure. Cette parabole de Saint Matthieu dans laquelle un propriétaire terrien rémunère également ses différents employés, quelle que soit l'heure à laquelle ils ont commencé à travailler, et qui se termine par ce précepte, passé dans le langage courant : "les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers."
Premiers à poser sur une photo en estimant, peut-être, que c'est mieux qu'un long discours.
Les macronistes de la première heure font-ils griefs aux nouveaux soutiens du Président de la République ou se réjouissent-ils d'être rejoints dans leur combat ? Pour l'instant, l'histoire ne le dit pas. Mais après tout, peut-on reprocher à un responsable politique de voler au secours de la victoire ?
Et faut-il qualifier d'opportuniste ou de réaliste celui qui arrête son choix en fonction des sondages et des résultats escomptés ?
Là aussi, je vous laisse juge…
L'affaire risque cependant de se compliquer au moment des investitures pour les législatives mais ça c'est une autre histoire.
Attendons déjà de connaitre le résultat de la présidentielle et de savoir qui aura misé sur le bon candidat.

Pas besoin de sondage en Calédonie pour savoir qu'une majorité de la population ne souhaite pas le maintien du gouvernement Mapou. Ce n'est pas tant son président qui est mis en cause, d'ailleurs, que le maintien des indépendantistes au gouvernement malgré les trois victoires du NON à l'indépendance. Le résultat du 3ème référendum devait tout changer et rien ne change.
Près de deux mois après la consultation du 12 décembre, les indépendantistes dirigent toujours les deux principales institutions du territoire et l'urgence ne semble pas de les en déloger alors que le gouvernement poursuit une politique qui ne correspond pas – et loin s'en faut – à la volonté majoritaire.
Il y a pourtant quelques moyens de mettre fin à un gouvernement et on sait faire !
La preuve, nous en sommes à 17 gouvernements en 23 ans. Alors bien sûr, une liste entière peut démissionner selon la bonne vieille méthode utilisée le plus souvent et notamment, il y a un an, quand les groupes UC et UNI ont fait tomber le gouvernement Santa. Mais ce moyen ne peut pas servir quand il a été mis en application dans les 18 mois précédents, c’est-à-dire pas avant le mois d'août prochain.
En attendant, il reste la démission du président du gouvernement ou de la majorité de ses membres sans oublier l'adoption, par le Congrès, d'une motion de censure.
L'une ou l'autre méthode est-elle à l'étude ?
Plus que la présidentielle ou les législatives, c'est sans doute ce qui préoccupe une majorité de calédoniens et même ce qui changerait davantage leur vie quotidienne.

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