Radio Rythme Bleu
La chronique de la semaine écoulée

6 décembre 2021 à 00:44

La solution d'avenir devra, obligatoirement, tenir compte du refus de l'indépendance réaffirmé, à trois reprises, par la majorité des calédoniens.

Dernière chronique avant le dernier référendum.
Dans une semaine les jeux seront faits. Nous connaitrons le résultat de la troisième et ultime consultation référendaire, celle qui clôt le processus ouvert il y a 23 ans avec la signature de l'Accord de Nouméa. Voire il y a 33 ans avec la signature des accords de Matignon.
Les trois référendums auront bien eu lieu et, quoi qu'en pensent les uns et les autres, c'est bien une page qui se tourne, une séquence qui se termine.
Reste à écrire la suite et ça… C'est une autre histoire !
Mais quelle drôle d'épilogue pour cette succession de référendums qui nous tient en haleine depuis 2018.
Quelle drôle de fin pour ce processus exemplaire à bien des égards.
Quelle drôle de campagne pour un référendum crucial, déterminant, qui doit décider du maintien ou non de la Calédonie dans la France !
L'enjeu est tel qu'il aurait dû déchainer toutes les passions, mobiliser toutes les énergies, provoquer des débats homériques entre les deux camps.
Cette campagne aurait dû être une apothéose, un sommet et elle laisse un goût d'inachevé.

Et si finalement, c'était mieux comme ça ? C'est l'hypothèse hardie qu'a développée Pierre Frogier en faisant crédit, aux indépendantistes d'une non-participation positive, parce que, en un sens, elle peut être un facteur d'apaisement.
Pas sûr que ce soit ce que les indépendantistes avaient en tête lorsqu'ils ont lancé ce curieux mot d'ordre de non-participation à un référendum qu'ils avaient eux-mêmes réclamé et déclenché.
Mais l'on voit bien que l'argument de la crise sanitaire ne tient plus et que les raisons invoquées sont désormais beaucoup plus politiques et directement liées à l'attitude de l'Etat.
On sait aussi que, face à une défaite annoncée, les indépendantistes avaient intérêt à se désister, ce qui leur évitera d'assumer leur échec.
Ils pourront toujours prétendre qu'ils n'ont pas gagné parce qu'ils n'ont pas participé, même si personne ne sera dupe !
Mais entretemps, la campagne menée par les seuls partisans du NON aura été calme, sereine, apaisée. Loin du bruit et de la fureur qui avaient accompagné les deux premières consultations. Et cela rejoint la mise en garde de Michel Rocard qui avait souhaité, avant le premier référendum que la question ne soit pas choisie de manière à diviser les Calédoniens en deux paquets égaux. "Parce que là, disait-il, on est sûr qu’ils recommenceront à se taper dessus !"
Cette non-participation a donc l'avantage d'éviter le combat frontal.
Elle nous a, certes, privé d'un vrai débat mais tout avait déjà été dit lors des deux campagnes précédentes.
L'avantage, c'est qu'elle laisse la porte ouverte à tous les possibles y compris à la recherche, entre partenaires locaux, d'une solution d'avenir. Une solution qui devra, obligatoirement, tenir compte du refus de l'indépendance réaffirmé à trois reprises par la majorité des calédoniens.
Et personne ne peut croire – malgré les messages confus et contradictoires qu'ils envoient à dessein – que les indépendantistes ne voudront pas être présents pour dessiner un avenir à la Calédonie.
Allez, admettons que leur non-participation n'est pas seulement un refus de l'obstacle. Mais attention, il ne faudrait pas qu'au soir du 12 décembre, ils revendiquent toutes les abstentions.
Après avoir déclaré forfait, ça, ce ne serait vraiment pas fairplay.