Radio Rythme Bleu
La chronique de la semaine écoulée

15 novembre 2021 à 01:00

Après tout, les indépendantistes ont le droit de ne pas participer à ce référendum qu'ils ont pourtant eux-mêmes déclenché. Et si, en agissant ainsi, ils avaient tout simplement inventé, en écho à la différenciation provinciale, la différenciation électorale ?

Le 3ème référendum aura donc lieu comme prévu le 12 décembre prochain. Ce n'est pas vraiment une surprise et d'ailleurs, sans me vanter, je vous l'annonçais dans la chronique précédente.
La situation sanitaire est sous contrôle et on voyait mal l'Etat faire marche arrière au dernier moment et céder aux menaces des indépendantistes après que le ministre des outre-mer ait martelé qu'en démocratie, les élections ont lieu à l'heure dite.
C'est donc dans moins d'un mois que se déroulera la 3ème et ultime consultation prévue par l'Accord de Nouméa.
C'est un soulagement parce que l'on a, enfin, le sentiment d'entrevoir une issue à ce processus vieux de 20 ans et qui joue les prolongations.

Même si les indépendantistes ne participent pas, même si son résultat est contesté, même si certains estimeront que sa sincérité est altérée, ce référendum aura eu lieu et personne ne pourra faire comme si de rien n'était.
Il faut espérer que les électeurs favorables au maintien de la Calédonie dans la France se mobilisent pour cette dernière échéance, et que tous ceux qui veulent voter puissent le faire mais, par la force des choses, le NON à l'indépendance va forcément l'emporter et il restera à examiner la situation ainsi créée.
Autant dire que les choses sérieuses débuteront à ce moment-là et que, d'ores et déjà, nous pouvons regretter le temps perdu toutes ces dernières années.

Faut-il craindre, pour autant, le maintien de la date du 12 décembre ? La question est dans tous les esprits. Et bien malin qui peut y répondre.
Plusieurs observateurs se plaisent à faire le parallèle avec les autres mots d'ordre de boycott du FLNKS et les violences qui les ont suivies, mais il faut raison garder.
1984, 1987, 1988, c'était il y a plus de 30 ans, autrement dit, un autre monde. Il y a eu, entretemps, deux accords marqués par la recherche du consensus, des concessions réciproques et la reconnaissance de deux légitimités. Ce n'est pas rien !
Et puis, il faut arrêter de tout mélanger. Ce n'est pas le référendum de 87 qui a entrainé les événements d'Ouvéa.

Mais jusqu'au 12 décembre, la question de la tranquillité et de la sérénité du scrutin va se poser. D'autant que les indépendantistes s'amusent à souffler le chaud et le froid
On a entendu la logorrhée belliqueuse du Palika qui parle de véritable déclaration de guerre contre le peuple kanak et qui dénonce la décision inique, la provocation politique et l’entêtement de l’Etat qui pourraient engendrer une situation de tension dangereuse pour la paix civile.
Et si cela ne traduisait que le dépit du parti de Paul Néaoutyine qui a perdu son statut d'interlocuteur privilégié de l'Etat au bénéfice de l'UC ?

Parce qu'il y a, aussi, les signaux favorables qu'envoie l'Union calédonienne qui appelle chacun à vaquer, ce jour-là, à ses occupations ou à rester chez soi mais à ne surtout pas perturber le déroulement du scrutin. Daniel Goa invoque bien les 30 000 jeunes qu'il ne maitrise pas mais c'est aussi, pour le président de l'UC, une manière de se dédouaner voire de se protéger.
Le plus vieux parti calédonien a décidé de ne pas insulter l'avenir, et même si certains de ses représentants haussent le ton, l'UC a bien l'intention d'assumer ses responsabilités et de siéger à la table des discussions.

Après tout, les indépendantistes ont le droit de ne pas participer à ce référendum qu'ils ont pourtant eux-mêmes déclenché. Et si, en agissant ainsi, ils avaient tout simplement inventé, en écho à la différenciation provinciale, la différenciation électorale ?