Radio Rythme Bleu
La chronique de la semaine écoulée

25 octobre 2021 à 00:47

Le FLNKS apparait comme un mauvais joueur et son appel à la "non-participation" est clairement un aveu de faiblesse.

Heureusement pour eux, le ridicule ne tue pas !
Mais on se demande comment les responsables du FLNKS vont arriver à justifier leur appel à la non-participation au 3ème référendum, si la date du 12 décembre est maintenue.
Cette position est absurde à plus d'un titre.
Et d'abord, parce que ce sont eux, qui ont déclenché ce 3ème référendum – pourtant facultatif – en en demandant l'organisation dès qu'ils en eu la possibilité. Ils se sont enfermés du même coup, dans un calendrier contraint qu'ils contestent aujourd'hui.

Absurde, aussi, parce qu'ils nous serinent, depuis des mois, qu'ils vont gagner cet ultime référendum. Personne n'est dupe en réalité mais, depuis les résultats de la deuxième consultation, du 4 octobre 2020, ils affirment que l'écart va continuer à se resserrer, qu'il ne leur reste plus que quelques voix à grapiller, et que la victoire est au bout du processus référendaire. Ils savent, en fait, qu'ils ne peuvent pas l'emporter mais ils n'osent pas se l'avouer. Et surtout, ils n'osent pas l'avouer à leur base.

Absurde enfin, parce que s'ils appellent à la "non-participation" plutôt qu'au boycott – mot de sinistre mémoire – leur attitude renvoie néanmoins la Calédonie aux heures les plus sombres de son histoire. Et, incontestablement, le processus de trente ans que vient de vivre la Calédonie, au travers des accords de Matignon et de Nouméa, mérite mieux que cette pitoyable finale.
D'autant plus que de nombreuses occasions leur ont été données, ces dernières années, de modifier la sortie de l'Accord de Nouméa mais qu'ils ont refusé toutes les mains qui leur étaient tendues pour rechercher une solution consensuelle qui aurait pourtant été une issue plus adaptée et plus harmonieuse.

En fait, le FLNKS apparait comme un mauvais joueur et son appel à la "non-participation" est clairement un aveu de faiblesse.
Il faut dire que ces derniers mois ont été terribles pour le camp indépendantiste entre les violences de l'usine du Sud et l'étalage de ses divisions lors de l'impossible installation du gouvernement. Sans oublier la crise sanitaire au cours de laquelle l'aide massive de la France a prouvé que la solidarité nationale était indispensable pour faire face à l'épidémie.

Mais la crise sanitaire a bon dos ! C'est elle qu'invoque le FLNKS pour réclamer un report du 3ème référendum, sous prétexte qu'elle va priver les calédoniens d'une campagne électorale équitable.
Pauvre argument pour une revendication qui, manifestement, est loin de faire l'unanimité dans le camp indépendantiste.
Le mode de communication d'ailleurs interroge. Le 13 octobre, c'est le président de l'UC qui écrit au ministre des outre-mer que si la date du 12 décembre est maintenue, "les indépendantistes ne manqueront pas d'inciter à une non-participation de leur électorat". Drôle de formulation qui ne sera d'ailleurs par relayée par les groupes politiques indépendantistes quand ils rencontreront Sébastien Lecornu, quelques jours plus tard. Et c'est au lendemain du départ du ministre que le bureau politique du FLNKS lance, par communiqué, son appel à la non-participation.
On a l'impression de revivre le triste scénario de la chute du gouvernement Santa, improvisée dans la précipitation, par quelques apparatchiks du FLNKS sans que les leaders eux-mêmes en soient réellement informés.
Et curieusement quand, le même jour, en réponse au sénateur Pierre Frogier, le Premier ministre exprime "le souhait fort que le choix des Calédoniens soit celui de la France", les indépendantistes, qui auraient dû protester véhémentement, sont restés totalement silencieux.
Décidément, le FLNKS n'est plus ce qu'il était et le seul argument recevable de la part de ses leaders c'est quand ils disent qu'ils "ne sont pas prêts".
Mais ça, on n'avait pas besoin d'un chantage à la participation pour le savoir.