La chronique de la semaine écoulée

La chronique de la semaine écoulée

Ça bloque, ça coince, ça s'enlise…
C'est la paralysie, l'inertie, le blocage…
Bientôt, on va manquer de vocabulaire pour qualifier la situation des indépendantistes englués dans leur incapacité à choisir le président du 17ème gouvernement.
Un gouvernement sans tête depuis son élection, le 17 février.
Un gouvernement impossible à installer depuis la chute, le 2 février, de l'exécutif précédent.
Ça fait donc déjà trois mois et le 17ème gouvernement va peut-être battre un record.
Les 14ème et 15ème gouvernements avaient chacun pu être installés au terme d'une période de trois mois après leur élection, le délai qui leur avait fallu pour élire un président en la personne de Philippe Germain.
Mais on voit bien que le contexte est différent, et notamment à quelques encablures de l'échéance cruciale du 3ème référendum.
Cette fois-ci, ce devait être une démonstration de force des indépendantistes.
Pour la première fois, ils étaient majoritaires dans l'exécutif calédonien et on allait voir ce que l'on allait voir !
Eh bien, on a vu…  

Et ce qui interpelle, ce n'est pas seulement l'impossibilité dans laquelle les indépendantistes se trouvent de désigner un président. Ce sont les raisons de ce blocage : les divergences profondes qui existent entre eux, les désaccords tant sur le projet de société que sur la vision économique, sans oublier les haines latentes.

Ce qui frappe aussi, c'est qu'ils se sont enfermés tout seuls dans cette situation inextricable, en désignant chacun des candidats incompatibles avec l'autre camp, après avoir fait tomber un gouvernement qu'ils maintiennent en place.

Et désormais, une question lancinante est dans tous les esprits : vont-ils s'en sortir un jour ? Vont-ils y arriver ? Et pendant combien temps encore vont-ils offrir ce pitoyable spectacle ?

On en vient à comprendre les militants qui, ce samedi, à Kouaoua, voulaient enfermer les membres de la convention FLNKS, jusqu'à ce qu'ils se mettent d'accord sur un nom.

L'UNI et l'UC promettent maintenant qu'ils auront trouvé un accord avant le départ des délégations à Paris fin mai et, pour cela, ils sont prêts à détricoter toutes les répartitions de postes depuis les provinciales de 2019 : présidence du Congrès, présidence de la commission permanente, composition de l'exécutif de la Province Nord.
Tout serait remis à plat pour que tout le monde puisse sauver la face.
Ce n'est pas gagné !
D'autant plus qu'ils ne sont pas forcément d'accord sur ce déplacement à Paris, ni sur l'intérêt d'y aller, ni sur la composition de la délégation.

A cela s'ajoute, en toile de fond, les rapports de la Chambre des Comptes sur la SOFINOR et la SMSP.
Vendredi, en assemblée de Province Nord, l'Union calédonienne a prouvé qu'elle ne resterait pas inerte et qu'elle ne cautionnerait pas la gestion de ces outils par l'UNI. Ce n'est sans doute pas innocent quand on sait que l'un des acteurs essentiels n'est autre que le candidat de l'UNI à la présidence du gouvernement.

Et pendant ce temps, il est où Dang ? On ne l'entend plus depuis le fiasco de l'usine du Sud et, encore moins, depuis la publication des fameux rapports de la Chambre territoriale des comptes.

Bref, ça risque de bloquer, de coincer, et de s'enliser pendant encore… un certain temps !