LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ECOULEE

LA CHRONIQUE DE LA SEMAINE ECOULEE
Chronique du 3 décembre 2018
Quelle confusion !
C'est ce qui frappe, un mois après le référendum du 4 novembre que beaucoup appelaient de leurs vœux et qui devait être – au choix – une étape essentielle, un aboutissement ou un moment de vérité.
Eh bien, il n'a rien été de tout cela ! 
Et quelques semaines plus tard, les commentateurs et observateurs en tout genre sont un peu groggys et bien en peine de tirer les enseignements de ce rendez-vous démocratique.
Avec d'abord cette illusion d'optique extravagante qui fait que les perdants sont contents et que les vainqueurs sont dépités. "On a gagné" déclarent ainsi les indépendantistes, face aux partisans du maintien dans la France qui affichent leur morosité. 
Une situation paradoxale dont il faudrait sortir en revendiquant clairement le résultat de ce scrutin incontestable qui a révélé qu'indubitablement une large majorité de calédoniens souhaitent rester français.

Confusion sur l'interprétation donc, mais aussi et surtout, incertitude sur la suite des choses. Parce qu'en réalité, personne ne sait ce qui va se passer mais personne n'ose dire qu'il ne sait pas.

C'est flagrant pour le deuxième référendum. 
Les indépendantistes l'exigent et sont déjà entrés en campagne pour 2020, mais faut-il se résoudre à cette fatalité, sous prétexte que c'est la volonté des vaincus ? 
L'inanité de ce nouveau scrutin s'impose à tous ! Il ne servira à rien sinon à faire perdre un temps précieux à la Nouvelle-Calédonie et à son économie, il entretiendra un climat délétère pendant les deux années qui viennent et, au bout du compte – on le sait – le résultat sera le même. Les indépendantistes ne gagneront pas, non plus, ce nouveau référendum. 
Faut-il se résoudre à son organisation et faire comme s'il était inéluctable ou alors faut-il tenter, par tous les moyens, de l'écarter ?

Je sais que les bonnes âmes vont me dire que ce deuxième référendum est prévu par l'Accord de Nouméa. 
Et un troisième aussi, pendant qu'on y est !
Mais le bon sens, l'intelligence et l'intérêt général ne peuvent-ils pas se substituer à une interprétation littérale voire irresponsable, d'un texte signé il y a 20 ans quand personne ne savait – par définition – à quoi ressemblerait la Nouvelle-Calédonie de 2018 ? 
Pourquoi ce texte, écrit dans l'urgence, et dont la vocation est d'être transitoire, deviendrait-il éternel et intangible ? 
D'autant plus qu'il a été déjà modifié, en 2007, en dehors de tout consensus, quand il s'est agi – chacun s'en souvient – de geler le corps électoral.
Et aujourd'hui, on n'aurait plus le droit d'y toucher ?  

Et d'ailleurs – et c'est une autre incertitude – l'Accord de Nouméa existe-t-il encore ?
Il a été signé pour 20 ans et plusieurs voix se sont déjà élevées pour dire qu'il était terminé, qu'il avait vécu.
Faut-il jouer les prolongations sous prétexte que l'on s'est pris les pieds dans le tapis de sa mise en œuvre ? Est-ce indispensable, est-ce obligatoire, est-ce nécessaire ?
Ou est-il temps de passer à autre chose et de redéfinir le statut de la Nouvelle-Calédonie et les relations entre ses différentes collectivités ?
Ça ne va pas vous rassurer, mais personne n'a la réponse à ces différentes interrogations et sans doute pas le Premier ministre qui doit présider, dans moins de deux semaines, le comité des signataires.
Et confronté aux gilets jaunes, il n'est pas sûr qu'Edouard Philippe ait eu vraiment le temps de réfléchir à la durée de vie de l'Accord de Nouméa.