Une mission de facilitateurs à partir de lundi
Elle est composée de 3 personnalités qui arriveront dès lundi en Nouvelle-Calédonie.

Alors que des tensions sont apparus ces derniers jours, y compris parmi les signataires de l’accord de Bougival qui se sont engagés à poursuivre sa mise en œuvre, le gouvernement central annonce l’envoi d’une mission de facilitateurs.
Cette mission, mandatée par le premier ministre et la ministre des Outremers aura pour vocation d’appuyer l’action du gouvernement pour parvenir, avec l’ensemble des partenaires, à un accord consensuel sur l’avenir du territoire. C’est ce qu’indique le ministère des Outremers dans un communiqué. Cette mission est composée de Rémi Bastille, de Thierry Lataste et de Benoit Lombrière, trois connaisseurs du dossier Calédonien, qui devront travailler à identifier les éclaircissements et compléments éventuels souhaités par les forces politiques. Cette mission proposera aussi au gouvernement les ajustements qu’elle estimera nécessaire à l’accord de Bougival avec pour objectif de lever les ambiguïtés, de consolider le texte et de favoriser l’adhésion le plus large possible précise le communiqué.
La venue de cette mission s’inscrit dans le prolongement des échanges conduits avec l’ensemble des partenaires lors de la récente visite de Naïma Moutchou précise le communiqué, alors que les échanges avec la ministre avait permis d’acter 4 convergences majeures : la réaffirmation du soutien des signataires à l’accord de Bougival, la tenue d’une consultation anticipée, la poursuite des discussions pour apporter les éclaircissements nécessaires et le lancement d’un plan de relance économique.
La mission des facilitateurs doit aussi contribuer à l’élaboration d’un document pédagogique et complet qui expose les dispositions essentielles de l’accord de Bougival pour permettre aux électeurs concernés par la consultation anticipée, toujours prévue au mois de Mars, de se prononcer en pleine connaissance de cause.
Le communiqué du ministère des Outremers rappelle en effet que le processus qui doit permettre aux Calédoniens de se prononcer sur l’accord de Bougival se poursuit. Le projet de loi pour organiser cette consultation pourrait être présenté en Conseil des ministres le 17 Décembre, pour un examen parlementaire dès le début du mois de janvier 2026. Et conformément à l’accord de Bougival, et aux 3 référendums de 2018, 2020 et 2021, cette consultation s’appuierait sur le corps électoral spécial consultation.
Un calendrier qui doit permettre au gouvernement selon le ministère, de tenir compte le cas échéants, des éléments issus des échanges avec la mission d’écoute, afin d’organiser la suite du processus dans des conditions de clarté et de responsabilité.
La mission des facilitateurs doit donc arriver lundi prochain, c’est-à-dire 2 jours avant la convocation des élus du Congrès qui doivent rendre un avis sur le projet de loi qui organise la consultation anticipée. Et comme nous le disions, elle est composée de 3 personnalités reconnues pour leur expérience et leur connaissance du dossier Calédonien.
Thierry Lataste a servi à 3 reprises sur le territoire. En tant que secrétaire général de 1991 à 1994, puis 2 fois en tant que Haut-Commissaire, entre 1999 et 2002 et entre 2016 et 2019. Lors de ce dernier séjour, il a eu en charge l’organisation du 1er référendum. Mais il avait déjà approché le dossier Calédonien de très près en 1988 : il était en effet l’un des négociateurs de l’accord de Nouméa lorsqu’il travaillait auprès du secrétaire d’Etat à l’Outremer de l’époque.
Rémi Bastille, le 2ème membre de cette mission des facilitateurs, a lui aussi servi sur le territoire. Il a été secrétaire général du territoire de 2020 à 2022, avant d’être nommé préfet en charge d’une mission de service public destinés à conduite les travaux sur l’avenir institutionnel. Mais lui aussi avait approché le dossier Calédonien avant d’être en poste à Nouméa. Il avait fait une première mission en 2016, en tant que chef adjoint du cabinet de Manuel Valls, qui était alors premier ministre. Son dernier déplacement en Calédonie remonte à 2024 : il avait accompagné Emmanuel Macron qui était venu quelques jours après le début des émeutes.
Le 3ème homme de cette mission, c’est Benoit Lombrière, ancien conseiller outre-mer de Nicolas Sarkozy. Benoit Lombrière a également fait partie du groupe d’expert mis en place en 2014, à l’issue du 12ème comité des signataires, pour travailler sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Et plus récemment, il a participé aux négociations de Bougival.


