Un pacte de gouvernance partagée ?

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Les tractations sont en cours en vue de la constitution du prochain gouvernement. C'est demain soir à minuit, la date limite pour le dépôt des listes de candidats.

Ces listes permettront de connaitre la physionomie du 17ème exécutif. Hier, les Loyalistes ont proposé à Calédonie ensemble et à l'Eveil océanien, un pacte de gouvernance partagé. Et des discussions sont en cours entre les différents groupes politiques.

Pour les Loyalistes, ce pacte de gouvernance ne devra pas se faire sur la base d’une répartition de postes mais sur un projet fondé sur la préservation de la santé des Calédoniens et d’un retour à la croissance économique. Ils indiquent que le prochain gouvernement devra faire face à d’immenses défis et que le contexte sanitaire, budgétaire, économique et social impose des décisions fortes qui, elles-mêmes, devront se fonder sur une majorité de gouvernance solide et fiable. Dans ce contexte, ils proposent aux formations politiques qui partagent l’objectif de servir les populations dans l’intérêt général, de constituer pour ce 17ème gouvernement un pacte de gouvernance partagée. Et les Loyalistes ajoutent que la composition du prochain exécutif devra à la fois lui permettre d’être pleinement opérationnel dans les plus brefs délais, mais aussi que ses membres aient l’expérience nécessaire.

Au stade actuel, plusieurs cas de figure sont possibles pour la constitution du gouvernement. 4 groupes peuvent déposer une liste. L'AEC, Calédonie ensemble, l'UC et l'UNI. L'Eveil océanien qui ne dispose que de 3 élus n'a pas de groupe au Congrès et ne peut donc pas déposer de liste mais elle peut s'allier avec un autre groupe pour obtenir un siège au sein du gouvernement. C'est ce qui s'était passé en juin 2019 où Vaimua Muliava avait été élu sur la liste de l'AEC. Depuis, l'Eveil océanien a rejoint le groupe UC-FLNKS au Congrès. Mais il serait surprenant que l'UC lui fasse une place sur sa liste. 

Quant à Calédonie ensemble, ses 6 élus l'assurent d'un siège au gouvernement. Elle pourrait y aller seule ou faire alliance avec l'Eveil océanien pour avoir deux sièges. Réuni hier soir, en Conseil politique, à l'UNC, Calédonie ensemble a évoqué cette proposition d'un pacte de gouvernance partagée, mais Philippe Gomès a estimé que ce n'était pas à la hauteur des enjeux. Philippe Michel affirmait, lui, ne pas être suffisamment informé.

Et face à la situation dans laquelle se trouve le territoire, Calédonie ensemble propose, plutôt, un gouvernement de salut public. Calédonie ensemble qui affirme qu'elle présentera une personnalité susceptible d'assurer la présidence du gouvernement, mais sans dévoiler son identité.

Lors de ce conseil politique, les responsables du parti ont, par ailleurs, fustigé l'impasse métallurgique et minière, l'impasse budgétaire et l'impasse politique dans laquelle se trouve la Nouvelle-Calédonie en réservant toutes leurs attaques à l'Avenir en Confiance et aux Loyalistes.

Si les 4 groupes présentent chacun une liste, sans alliance, les indépendantistes disposent de 6 sièges au gouvernement et ils ont donc la majorité.
Si des alliances sont constituées entre l'AEC, CE et/ou l'EO, les indépendantistes n'ont que 5 sièges. D'où l'importance des discussions en cours.