La fréquence aux couleurs de la France

Paul Néaoutyine sort de son silence

Le leader historique du PALIKA exprime sa totale opposition à l'accord de Bougival et à l'accord "Elysée-Oudinot"

Par Elizabeth Nouar 23 février 2026 à 08:51
Paul Néaoutyine

Dans une interview au journal Le Monde et un communiqué, Paul Néaoutyine exprime clairement son opposition à l'accord de Bougival et à son accord complémentaire Elysée Oudinot.
"Je réitère publiquement et clairement comme je l’ai fait dans le quotidien Le Monde mon opposition aux accords de Bougival qui officialisent un fédéralisme interne et externe, ouvrent la voie à la partition du pays, marquent une rupture et un recul par rapport à l’Accord de Nouméa et ferment la porte à la pleine souveraineté, base sur laquelle des partenariats peuvent ensuite être négociés." 

Voilà ce qu'écrit Paul Néaoutyine en expliquant qu'il sort de son silence dans le contexte du passage prochain de la loi constitutionnelle devant l’Assemblée nationale et le Sénat.
Dans ce communiqué, il rappelle qu'il a obtenu de Jacques Chirac le gel du corps électoral qui est aujourd’hui rendu glissant par les négociateurs des accords de Bougival-Élysée-Oudinot.
Il affirme aussi que "ces accords ne conduisent pas à la pleine souveraineté, mais qu’ils ancrent notre pays dans l’ensemble français de façon pérenne."

Pour lui, la création d’un "Etat" de la Nouvelle-Calédonie inclus dans la France est aux antipodes de la pleine souveraineté. Il balaie aussi la sous-nationalité calédonienne subalterne que l’on peut perdre si l’on renonce à la nationalité française et il affirme ne pas voir de continuité entre les accords de Bougival-Élysée-Oudinot et l’accord de Nouméa.

Paul Néaoutyine s'en prend également "au transfert des relations extérieures à la Nouvelle-Calédonie qui s’inscrit dans la limite des intérêts stratégiques de la France" et aux multiples verrous mis au reste des transferts de compétences.

Il critique enfin violemment le chapitre sur l'attractivité économique en déclarant que le Palika et l’UNI ont toujours combattu la volonté des non indépendantistes d’en finir avec la clé de répartition, et que l’attribution de la compétence fiscale, poserait les fondations de l’hyper provincialisation et de la partition du pays. 

Une charge très violente de la part du président de la Province Nord, dont on ne sait pas encore les conséquences qu'elle pourra avoir. Mais elle fragilise clairement les négociateurs de l'UNI et conforte les opposants indépendantistes à Bougival. 

On relève que, parallèlement à cette prise de position sans concession de Paul Néaoutyine, Philippe Gomès publie, lui aussi, un texte très violent sur les accords de Bougival, Élysée-Oudinot qui constituent, selon lui, une impasse parlementaire et une impasse politique.

 

 

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