Pas d’offre de reprise pour Prony Ressources
L’entreprise NBM a écrit jeudi à Bercy pour indiquer qu’elle ne formulerait pas d’offre de reprise de PRNC. Le conseil d‘administration de NBM est engagé dans ce processus depuis 2 ans.

NBM estime que le projet n’est pas viable dans les conditions actuelles et dans les délais requis dans le cadre des procédures de reprises. La société indique que la décision a principalement été motivée par l’augmentation du prix du soufre. La hausse avait débuté en 2025 en raison d’une forte demande en Chine et en Indonésie. La guerre au Moyen Orient a continué de faire bondir la facture. Le prix a été multiplié par plus de 5 en deux ans.
Le soufre représente un intrant essentiel au procédé de PRNC. NBM espérait un plan de soutien de l’Etat pour absorber une partie de cette inflation du soufre. NBM indique aussi que les attentes ont évolué concernant la composition du consortium technique et des participations chinoises et indonésienne au projet.
On se souvient qu’Emmanuel Macron avait fermé la porte à la Chine dans ses déclarations à la mission transpartisane. Le partenaire chinois a dû être remplacé, ce qui a rendu l’aspect technique plus difficile voire, selon NBM, impossible à mettre en œuvre dans les temps impartis par la due diligence.
Pour autant, dans son courrier à Bercy, l’entreprise affirme qu’il ne s’agit pas d’un retrait définitif. Elle pourrait revoir sa position si des réponses étaient apportés sur ces points d’inquiétudes et elle souhaite poursuivre les travaux avec le CIRI, le Comité interministériel de restructuration industrielle. New Battery Metals rappelle d’ailleurs que la société a dépensé des ressources financières substantielle pour les travaux de conseil juridique et technique. Cela traduit, selon le board de l’entreprise, sa conviction quant à la valeur de Prony Ressources sur le long terme et son importance pour la Nouvelle-Calédonie.
En réaction, Sonia Backès écrit au président de la République. La présidente de la Province Sud a adressé un courrier à Emmanuel Macron au sujet de l’avenir de l’usine du Sud. Pour elle, le courrier de NBM constitue un signal d’une extrême gravité pour la Nouvelle Calédonie.
Il menace directement la perspective d’une solution industrielle pérenne pour l’usine du Sud, qui fait vivre des milliers de familles calédoniennes. Sonia Backès indique que la situation de l’entreprise se dégrade et va devoir ralentir sa production pour pouvoir financer ses approvisionnements en soufre. Une situation qui vient aggraver les difficultés de PRNC. "Chaque délai supplémentaire compromet davantage les chances de redressement" écrit Sonia Backès qui affirme avoir alerté l’Etat sur cette urgence depuis de nombreuses semaines et avoir repassé les messages lors du déplacement de la mission transpartisane à Paris. Pour la présidente de la Province Sud, cette position de NBM souligne l’urgence de clarifier la position de l’État pour permettre aux discussions de reprendre. Elle estime que l’Etat dispose de leviers directs pour agir sur les conditions de reprise avec notamment un mécanisme de compensation du différentiel entre le prix du soufre retenu dans le projet de reprise et celui d’aujourd’hui. De plus, l’Etat doit, selon elle, revoir sa position concernant le recours aux compétences techniques chinoise. Elle invite à distinguer la participation en matière d’expertise et la question de l’actionnariat et de contrôle de la société. Sonia Backès demande à l’Etat d’arrêter une position claire sur ce point dans les prochains jours.
Sonia Backès rappelle les mots du discours du président de la république en juillet 2023 à Nouméa. Il avait notamment affirmé que le Nickel est une ressource stratégique majeure pour la France et l'Europe. Une parole qui engage l’État selon Sonia Backès qui affirme qu’il serait incompréhensible qu’elles restent sans traduction concrète et que l’usine du Sud soit laissée sans solution.
Sonia Backès évoque ensuite la venue prochaine de Stéphane Séjourné, vice-président de la commission européenne et ancien ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères. Il porte une ambition de sécurisation des matières premières sensibles comme le nickel. Elle estime que laisser se dégrader l’usine du sud constituerait donc une contradiction politique et stratégique majeure qui fragiliserait aussi les intérêts de la France et priverait durablement l’Europe d’un atout essentiel dans son ambition industrielle.


