Les Loyalistes et le Rassemblement ne participeront pas à la réunion convoquée par l’Etat.
Deux heures avant le début de la réunion des signataires de Bougival décidée par le Premier ministre, Les Loyalistes et le Rassemblement ont annoncé qu'ils n'y participeraient pas.

Ils avaient été invités par le Premier ministre qui a convié les représentants des différents groupes politiques et les parlementaires, immédiatement après le rejet, par l’Assemblée nationale, de la motion de rejet du projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie. Sébastien Lecornu affirmait que, face à ce blocage inédit, le Gouvernement prendrait ses responsabilités et qu'il n'y aurait ni immobilisme ni passage en force.
Dans un communiqué publié ce mardi soir, Les Loyalistes et le Rassemblement "déplorent profondément qu'une majorité de l'Assemblée nationale ait fait le choix de renvoyer au Sénat, l'accord de Bougival et l'accord complémentaire Elysée Oudinot, rompant ainsi avec l'équilibre politique construit ces derniers mois."
Ils rappellent que ces accords avaient été signés par l’ensemble des forces politiques calédoniennes, avant que le FLNKS ne revienne sur sa parole et ils saluent l’engagement de Philippe Dunoyer, de l’Éveil océanien et de l’UNI, qui ont eu le courage d’assumer et de défendre leur signature.
Pour les Loyalistes et le Rassemblement "le renvoi de ces textes replace aujourd’hui le territoire dans une situation institutionnelle identique à celle issue du troisième référendum."
Ils indiquent que, "si le gel du corps électoral et le déséquilibre du congrès en défaveur de la province Sud demeurent insupportables, il n’en reste pas moins que ceux qui ont fait échec à cet examen à l'Assemblée ont également renoncé à leur propre droit à l’autodétermination, puisqu’aucun référendum supplémentaire n’est désormais permis dans la Constitution.
Les Loyalistes et le Rassemblement expliquent, ensuite, leur décision de ne pas assister à la réunion prévue ce soir, simultanément à Paris et à Nouméa, sous l'égide du Premier ministre.
Ils rappellent les termes de l'invitation du Premier ministre qui a indiqué, sur les réseaux sociaux qu’il réunirait "les signataires de l’accord de Bougival".
Dans ce contexte ils s'étonnent que le FLNKS ait été invité et qu'il soit présent à cette réunion alors qu'il affirme depuis neuf mois qu'il n'assume pas sa signature. "Comment justifier la présence du Président du FLNKS et de groupes de pression directement mis en cause par la justice dans l’organisation des violences du 13 mai dernier ? Faut-il comprendre qu’ils se considèrent à nouveau comme signataires ?" Interrogent les Loyalistes et le Rassemblement
Ils ajoutent que, d'autre part, ils ne comprennent pas l’objectif de cette réunion. "S’il s’agit d’organiser une consultation sur l’Accord de Bougival, nous n’y serons favorables qu’avec l’engagement clair du respect, au moins majoritaire, du résultat par les groupes parlementaires. L’État dispose-t-il de cette garantie ? À ce stade, non." indiquent Les Loyalistes et le Rassemblement.
"S’agit-il – demandent-ils – de discuter de l’ouverture du corps électoral alors qu’aucune majorité ne se dégage pas pour l’ouvrir aux personnes présentes depuis une certaine durée ? L’État veut-il nous faire boire le calice jusqu’à la lie en nous demandant d’accepter l’ouverture aux seuls natifs, alors même que cette réforme, favorable aux indépendantistes, mettrait fin à tout espoir d’ouverture plus large à l’avenir ?"
En conclusion, Les Loyalistes et le Rassemblement indiquent que, "dans un contexte où les députés ont fait le choix de céder à la menace et à la violence", ils ne participeront "à aucune réunion avec le FLNKS tant que l’État n’aura pas obtenu des groupes parlementaires l’engagement du respect de la démocratie en Nouvelle-Calédonie."
Les Loyalistes et le Rassemblement n’assisteront donc pas à la réunion convoquée ce soir par l’Etat alors que le Premier ministre avait convié les représentants des différents groupes politiques et les parlementaires.
Les travaux doivent se tenir en présentiel, pour ceux qui sont actuellement en métropole, et par visioconférence, depuis le haut-commissariat, pour ceux qui sur le territoire.
On sait que le FLNKS a confirmé sa participation aux travaux, avec un représentant de chacune de ses composantes.


