Le groupe Vale quitte la Calédonie

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Le Brésilien va passer le relais et céder les 95% qu'il détient dans l'usine du Sud dont le modèle industriel va être redéfini. En présentant ces changements à la presse, le président de Vale NC, Antonin Beurrier, parle de virage stratégique.

Le PDG de Vale NC confirme la décision du groupe brésilien de quitter la Nouvelle-Calédonie et de chercher un repreneur pour l'usine hydrométallurgique de Goro. Une usine qui affiche un bilan négatif et des pertes importantes. Mais Antonin Beurrier ne veut pas parler de désengagement de la part de Vale : "Vale passe le relais mais va nous accompagner dans cette transition. Vale est un investisseur particulièrement responsable."

La banque d'affaires Rothschild a été mandatée pour trouver des investisseurs. Il pourrait s'agir de fabricants de batteries pour les véhicules électriques, d'industriel de la région pacifique ou de fonds d'investissement. Et le président de Vale-NC se montre confiant. La production de nickel destiné au marché des batteries des véhicules électriques est selon lui particulièrement attractif. Et c'est un marché qui augmente de 20 à 40% par an.

Concentration sur le NHC

L'usine du Sud va donc changer de modèle industriel en abandonnant la production d'oxyde de nickel et en se concentrant sur la production de NHC, un coprécipité de nickel et de cobalt, très recherché par les fabricants de batteries. Pour Antonin Beurrier, c'est le bon produit pour le bon marché.

Le projet Lucy est donc confirmé et l'usine du Sud affirme une nouvelle ambition environnementale pour se démarquer de ses concurrents. Elle ne produira donc plus d'oxyde de nickel, ni de carbonate de cobalt et elle va, en conséquence fermer sa raffinerie.. Ce changement de stratégie va forcément avoir un impact social. Il y aura des licenciements reconnait Antonin Beurrier mais il affirme vouloir les limiter le plus possible. Le SOENC Nickel a été le premier à réagir. Il restera vigilant quant à l’impact social, mais le syndicat est d’accord avec la stratégie annoncée. Aucune action n’est prévue durant la phase de transition et de discussion. 

Ce nouveau modèle, devrait permettre à l'usine de parvenir à l'équilibre, s'il s'accompagne d'une exportation annuelle de 2 millions de tonnes de saprolite dont l'industriel va demander l'autorisation au Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. 


Elizabeth Nouar recevait Antonin Beurrier, le PDG de Vale NC.