La Sofinor et la SMSP épinglées

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La Chambre territoriale des Comptes très sévère envers la stratégie nickel de la Province Nord. Elle publie deux rapports d'observation très critiques sur la Sofinor et sur la SMSP.

Ce sont des documents qui étaient attendus depuis un certain temps. La chambre territoriale des comptes vient de publier les deux rapports d'observations définitives sur la Sofinor et sur la SMSP. Deux gros rapports qui justifient que la Chambre Territoriale des Comptes les publie en plusieurs documents. Des rapports sévères pour les deux entités

"La SOFINOR est devenue une société écran entre la province Nord et sa filiale, la SMSP" écrit en conclusion la Chambre des comptes qui estime "qu'en raison des inconvénients, liés à l’opacité et au vu des risques financiers conséquents, il est recommandé à la SOFINOR d’absorber la SMSP."  

Auparavant, la Chambre territoriale relève que la doctrine nickel est un socle stratégique de nature essentiellement politique.
Elle relève, par ailleurs les dysfonctionnements et les irrégularités dans le fonctionnement des deux entités.
Le modèle offshore de la Corée est pointé du doigt par les magistrats financiers.
Il n’intègre pas suffisamment le poids des coûts d’exploitation et des charges d’investissement. Les niveaux de retour exposés par la SOFINOR ne sont pas convaincants écrit la chambre qui estime, également, que le modèle est porteur d’un risque de dépendance des petits mineurs.

La Chambre écrit également que l’appréhension de la stratégie globale de SOFINOR est malaisée et que, compte-tenu des risques financiers et des demandes de soutien financier auprès de la province Nord, il y a urgence à faire la transparence sur les grandes orientations stratégiques.
Les rapports de la Chambre relèvent aussi que le financeur est le décideur et que si GLENCORE et POSCO ne détiennent que 49 % du capital, leurs apports industriels, et financiers leur confèrent une position de décideur.
Les éventuels retours financiers de l’usine du Nord, seraient absorbés, avant tout, par l’actionnaire minoritaire.

Ces rapports très sévères pointent aussi les risques financiers associés au montage du partenariat offshore en Corée 
On y lit notamment que – outre les risques sur le maintien du niveau de participation majoritaire de la SMSP dans le capital de NMC et SNNC – les nantissements se traduisent par un engagement que les participations passent au partenaire coréen, y compris sur les mines situées en Nouvelle-Calédonie.

La chambre dénonce également l’endettement généralisé des sociétés du groupe à un niveau supérieur au PIB de la Nouvelle-Calédonie 
Au 31 décembre 2018, SOFINOR est endetté à hauteur de 1 252 Md CFP, soit un niveau supérieur de 20 % au PIB de la Nouvelle-Calédonie. 
Un endettement composé à 93,85 % de la dette de KNS.
Elle évoque aussi l’endettement de la SOFINOR à l’égard de la province Nord en parlant notamment de l'octroi irrégulier d’une enveloppe de 5,2 Md F CFP.

Des rapports très sévères qui devraient susciter un certain nombre de réactions.