la SLN menacée de faillite

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Après un plongeon historique lundi à la bourse de Paris où le titre a perdu 24%, l'action Eramet est repartie à la hausse hier de près de 6%.

L'annonce d'une faille dans le système de contrôle qualité des alliages avait semé la panique mais les annonces du groupe ont semble-t-il rassuré les investisseurs.

Selon les images qu'on préfère utiliser, la bourse c'est toujours le yoyo ou les montagnes russes. Mais force est de reconnaître que depuis quelques semaines les variations enregistrées sur le titre Eramet sont importantes. Le 12 novembre dernier la Bank of America Merryl Lynch, à la faveur de la bonne tenue du marché du manganèse, restaure la notation du groupe industriel français, qui passe sans transition de "sous performance" à "surperformance", et gagne 15%  en une journée. Lundi dernier, journée noire avec donc une chute de 24%, avant une reprise de la tendance haussière aujourd'hui. Une bonne nouvelle qui suit l'annonce de la nouvelle direction générale de la branche alliages, menée depuis neuf mois par l'ancien patron de la SLN Jérôme Fabre, qui a indiqué hier que les analyses menées jusqu'à présent n'avaient révélé aucune atteinte à la sécurité des produits et qu'un plan de remédiation a aussitôt été engagé. Il faudra tout de même attendre le mois de février pour connaître avec précision l'impact financier du problème sur les résultats net du groupe. Mais on sait déjà qu'il sera supérieur à 25 millions d'euros.

Le groupe Eramet qui par ailleurs suit de très près la situation de la SLN, qui devient véritablement très inquiétante. Au point qu'une question légitime peut désormais se poser : la SLN est-elle au bord de la faillite ?

La réponse à cette question est sans doute contenue toute entière dans le fait que c'est désormais au siège du groupe Eramet à Paris qu'est gérée la communication sur le sujet. Eramet qui a décidé de jouer la transparence et dans l'entourage de Christel Bories on ne cache plus son inquiétude sur plusieurs points.

La présidente d'Eramet qui était sur le territoire il y a quelques semaines avait engagé l'ensemble des partenaires dans la voix d'un nouveau modèle économique, notamment basé sur l'exploitation du minerai basse teneur. Chritel Bories qui rencontre d'ailleurs aujourd'hui à Paris le président de la province nord pour plaider en faveur de ce nouveau modèle, même si l'on doute que Paul Néaoutyne renonce à la fameuse "doctrine du nord" pour sauver la SLN.  

Deuxième élément : le bilan financier des actes de vandalisme à Kouaoua est catastrophique. La facture de la destruction criminelle de 16 engins de mine sur le site se monterait à 2 milliards 400 millions de francs, sans compter les incendies à répétition du convoyeur qui mettent en péril la viabilité de l'ensemble du site.

Du côté des syndicats une majorité de 75% a voté l'accord sur les 147 heures négocié par la direction mais plusieurs mouvements de grève ont été enregistrés ces quinze derniers jours à Thio, Tiébaghi, Népoui et Kouaoua. Le mouvement de Tiébaghi par exemple pourrait reprendre lundi car une partie des salariés ne veut plus des 147 h mais souhaite revenir à 120. Des négociations sont en cours avec la direction et les syndicats refusent de s'exprimer pour l'instant mais on voit bien que la fin de l'année va être extrêmement dure sur le plan comptable. Eramet a d'ailleurs annoncé qu'à ce rythme, le prêt de l'Etat serait entièrement dépensé dès le début de 2019.

Dégradations criminelles de l'outil industriel, faible cours du nickel, mouvements sociaux, négociations compliquées par les enjeux politiques et institutionnel. La crainte est réelle et elle s'est d'ailleurs invitée au comité des signataires puisque le front loyaliste qui s'est constitué à Nouméa la semaine dernière a bien l'intention d'exprimer cette inquiétude générale à Paris. Du côté du groupe Eramet d'ailleurs les choses sont claires : la présidente Chritel Bories a prévenu hier ses interlocuteurs: si les accords sociaux ne sont pas appliqués, et si les autorisations d'export ne sont pas accordées, elle lancera la procédure de faillite.

La SLN est-elle condamnée ? Pas encore. Mais en sursis, sans aucun doute.