La SLN dans une situation critique

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6 mois après son arrivée, le directeur général de la SLN - Colin Mc Gibbon - a dressé un tableau plutôt sombre.

Colin McGibbon, le Directeur général de la SLN, ne cache pas que les 6 prochains mois seront cruciaux.
Colin Mc Gibbon espères que le seuil des autorisations d'exportation de minerai passe, dans les années à venir, de 4 à 6 millions de tonnes.

Colin Mac Gibbon, le directeur de la SLN a insisté sur la nécessité de poursuivre le plan de sauvetage mis en place - en 2019 - qui s’articule autour de 3 axes : l’augmentation de la productivité, l’exportation et la réduction du prix de l’électricité.

 

La SLN a enregistré 10 milliards de francs de perte l’année dernière, 8eme exercice déficitaire. Les prêts consentis par Eramet et l’Etat en 2016 sont quasiment épuisés aujourd’hui. La SLN a donc un besoin urgent de trésorerie. Pour ça, l’entreprise discute avec ses actionnaires. Pour l’entreprise, il est impensable qu’Eramet remette une nouvelle fois la main au pot. Il reste donc la Nouvelle-Calédonie et Nisshin Steel.  

 

Pour donner une bouffée d’oxygène à l’entreprise, la SLN demande des autorisations d’exportation. Il s’agit notamment de vendre à l’étranger, le minerai à basse teneur de Tiébaghi, dont les stocks constitués depuis plus de 10 ans maintenant dorment. Après une montée en puissance, la SLN va bientôt arriver à la capacité maximale des autorisations d’exportation fixées par le gouvernement en 2019 à 4 millions de tonnes par an, Colin Mc Gibbon souhaite voir le seuil passer à 6 millions dans les années à venir.

 

Toujours sur ce volet de l’exportation, les opérateurs miniers sont tombés d’accord sur la mise en place de la redevance minière – qui est une exigence des indépendantistes. Les discussions se poursuivent notamment au sujet du fléchage de cette redevance.

Une année 2020 marquée également par la crise du coronavirus qui impacte les cours du nickel mais aussi par les blocages des sites de Thio et de Kouaoua. Des blocages qui ont contraint la SLN à réduire la puissance des fours de Doniambo. Le retour à la normale devrait se faire prochainement. Face à l’impossibilité d’exploiter le périphérique ouest, la SLN pourrait revoir l’organisation et envisage même de diminuer les effectifs.


Autre volet du plan de sauvegarde : le coût de l’électricité. Enercal avait consenti à un effort l’année dernière. En 2020 encore, la SLN a sollicité le fournisseur pour une nouvelle baisse afin d’être compétitif par rapport à la concurrence internationale. La facture d’électricité c’est 48% des coût globaux de Doniambo. La SLN doit, enfin, impérativement redresser la barre d’ici 2024, date à laquelle l’un des trois fours devra être remplacé pour un montant de 180 milliards de francs.