La charge du Procureur

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Le tribunal de première instance faisait sa rentrée solennelle ce matin au palais de justice. Le Procureur Alexis Bouroz a dénoncé la délinquance financière et les atteintes à la probité. "la société civile calédonienne n'est pas exemplaire" dit-il.

Le tribunal de première instance de Nouméa faisait sa rentrée solennelle ce matin au palais de justice. Traditionnellement, c'est l'occasion pour le Procureur de la République, qui s'exprime devant les plus hautes autorités et personnalités du territoire, de prononcer un discours sur le fonctionnement du parquet. Un discours marqué ce matin par une charge à peine voilée contre la délinquance financière.

Bien sûr le discours du Procureur commence toujours par des remerciements et des éloges. Eloges marqués ce matin envers les gendarmes et les magistrats pour la manière dont ils ont géré la période historique du référendum. Traditionnels, aussi, les chiffres de l'année écoulée sur le fonctionnement du parquet. 19 000 ouvertures de dossiers, 5741 poursuites engagées, un taux de réponse pénale de 96%... Et 80 millions de francs de saisie dans des affaires de blanchiment. Mais zéro en matière de fraude fiscale. Et c'est sur ce terrain financier que le discours d'Alexis Bouroz s'est ensuite tendu. Même si le grand public est légitimement choqué par l'augmentation de la délinquance a dit le Procureur, il existe en Calédonie une délinquance invisible très difficile à traiter. 
Donnons-nous l'exemple à la jeunesse calédonienne, s'est interrogé Alexis Bouroz, lorsque nous avons tant de mal à juger les affaires de corruption et d'évasion fiscale ? Et que dire à un jeune qui a volé deux bouteilles d'alcool et qu'on envoie au Camp-Est lorsque la justice a tant de mal à condamner les atteintes à la probité ?

Aucun commentaire évidemment sur les affaires en cours mais dit-il la volonté du parquet est inébranlable, les sanctions vont tomber, et il serait vain d'imaginer que la justice puisse être complice de quoi que ce soit. 

Du côté de la défense c'est le bâtonnier de l'ordre des avocats de Nouméa qui traditionnellement là encore prend la parole lors de cette audience. L'occasion pour Me Olivier Mazzoli de revenir sur l'opposition farouche de la profession à la récente réforme nationale de la justice.

Quant au fonctionnement du barreau de Nouméa il compte aujourd'hui 140 avocats. En 2018, les avocats sont intervenus 1056 fois pour assister des mineurs en garde à vue dans le cadre de l'aide juridictionnelle, et 2660 fois dans le cadre de commissions d'office.