L'appel à l'aide de la SLN

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Nouveau coup de tonnerre dans le secteur du nickel. La SLN lance une procédure de redressement. Elle a déposé, hier, une requête auprès du président du tribunal du commerce pour qu’un mandataire "ad hoc" soit nommé pour accompagner la société.

On a beaucoup parlé de KNS et de Vale NC, ces dernières semaines et c'est aujourd'hui la SLN qui est à la une de l'actualité. On connait les graves difficultés de la société qui affiche des pertes importantes depuis 8 ans. Après le plan de sauvetage mis en place fin 2018, c'est une nouvelle étape qui a été franchie hier avec la requête déposée auprès du président du tribunal du commerce pour qu’un mandataire "ad hoc" soit nommé pour accompagner la société. 

Le plan de sauvetage de la SLN est basé sur 3 piliers : le rééquilibrage de ses activités mines et métallurgie, la réorganisation du travail et la baisse significative du coût de l’énergie. Si ce plan est mis en œuvre intégralement, la SLN affirme qu'elle peut revenir à l’équilibre à horizon 2024. Mais, entretemps, elle est frappée de plein fouet par la crise économique liée à la crise sanitaire, et elle indique que pour passer la crise et se donner le temps nécessaire à l’exécution de son plan de sauvetage, elle a besoin d’un soutien de trésorerie.C'est ce qui a amené son directeur Colin McGibbon, à déposer hier, une demande auprès du tribunal de commerce visant à désigner un "mandataire ad hoc" chargé d’aider l’entreprise à résoudre ses difficultés. 

Dans une note interne, la société précise que "cette procédure préventive et confidentielle vise à trouver des solutions amiables avec l’ensemble des parties intéressées de la SLN afin de lui assurer un avenir rentable et pérenne, et ce, avant que ses ressources financières ne soient totalement épuisées. Il s’agit d’une mission de redressement de l’entreprise précise la société qui ajoute que le groupe Eramet, en tant qu’actionnaire responsable, soutient totalement la SLN dans sa démarche. 

Le but de cette procédure est de rétablir la situation de l’entreprise, et ainsi d’éviter qu'elle ne soit en état de cessation de paiement. En effet, la SLN dispose encore de trésorerie même si à la fin juin, il ne restait que 8,8 milliards de francs, sur les 62,6 milliards des prêts consentis par Eramet et l’Etat en 2015 et en 2016. Et cette procédure du mandat ad hoc, vise justement à rétablir la situation de l'entreprise avant une éventuelle cessation des paiements. 

Dans un document très didactique, adressé à l'ensemble de ses salariés, la SLN explique clairement à quoi correspond cette procédure. Elle précise d'abord que le mandat "ad hoc" n’est pas une procédure de redressement judiciaire, ni une liquidation de l’entreprise et qu'il ne nécessite pas la mise en place d'un plan social. Pendant le mandat ad hoc, la société continue à être dirigée et gérée par le chef d’entreprise et l‘activité se déroule normalement.

Par cette requête, il revient au président du tribunal de commerce de désigner un mandataire "ad hoc", c’est-à-dire un administrateur judiciaire, qui par la négociation recherchera des solutions avec les partenaires de la SLN pour surmonter les difficultés qu’elle rencontre. Il devra ainsi négocier avec les actionnaires de la SLN et avec ses principaux créanciers, mais aussi avec l'Etat, le gouvernement et les provinces ainsi qu'avec tous les partenaires de la SLN, qui peuvent contribuer au redressement de la société.

La SLN parle d'une décision responsable qui est prise avant que la société ne soit en état de cessation de paiement et qui démontre la volonté de sortir l'entreprise de la situation dans laquelle elle se trouve. C'est une procédure confidentielle qui doit se dérouler sur une période de 4 mois alors que la SLN risque d'avoir consommé l'intégralité de sa trésorerie en février 2021. 

La direction de la société précise, encore, que le but de ce mandat "ad hoc" est un retour à la rentabilité de l’entreprise et à sa pérennité.

Elle indique que la production minière de la SLN s’est établit à 2,2 Mth au 1er semestre 2020 et que l’usine a produit 24 kt de ferronickel, un niveau très bas, tout comme au 1er semestre 2019, en raison des perturbations sociétales récurrentes sur les mines de la Côte Est qui n’ont pas permis de fournir correctement l’usine.