1er jour du procès Déteix en appel

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Aymerick Yves Vakié, 23 ans, est jugé en appel depuis ce matin devant la cour d'assises de Nouméa pour le meurtre de Jean-Pierre Deteix en juin 2016 à Nouville.

Aymerick Yves Vakié, 23 ans, est jugé en appel depuis ce matin devant la cour d'assises de Nouméa pour le meurtre de Jean-Pierre Deteix en juin 2016 à Nouville. En première instance, il y a 1 an, l’accusé avait été reconnu coupable et condamné à 20 ans de réclusion criminelle.

Les débats ont débuté tout de go par l’examen des faits avec l’audition de l’accusé, seul témoin direct de cette nuit d’horreur.
Ce matin, il est revenu sur cette nuit du 3 au 4 juin 2016. 
Jean-Pierre Deteix est au volant de sa BMW, il l’aborde devant le Flex en centre-ville. Lui propose une balade. Naïvement il monte à bord, discute avec lui durant une trentaine de minutes. Puis Jean-Pierre Deteix lui met une main sur la cuisse. Le jeune homme lui dit d’arrêter, qu’il veut descendre. L’ainé s’excuse et l’emmène à Nouville.
Là-bas, le septuagénaire réitère ses avances, lui propose une fellation. Là, les versions d’Aymerick évoluent, un coup il admet s’être laissé faire et l’autre coup il nie totalement ! En revanche, il reconnait qu’il s’est mis en colère quand Jean-Pierre Deteix a tenté de l’embrasser. Ce serait le déclencheur de sa colère. Il se met alors à le frapper, violement à coups de pied, à lui écraser le visage, puis le cou… ce qui provoquera sa mort par asphyxie. 

En fin de matinée, les jurés ont pu voir les photos du corps, prises le lendemain du crime, on y voit un visage tuméfié, déformé par les coups, totalement méconnaissable, ce sont l’ADN et les empreintes digitales qui ont permis l’identification.  
Des déclarations qui seront confirmées dans les grandes lignes cet après-midi lorsqu’à la demande de la défense, a été diffusé en intégralité la vidéo de 2 heures de la 2ème audition en garde à vue d’Aymerick Vakié. 
On y voit le jeune homme, peu loquace, répondre aux enquêteurs par des bribes de mots parfois peu audibles. Mais il se déclare clairement homophobe, avoue avoir consommé de l’alcool et du cannabis avant de partir en voiture avec sa future victime, et les enquêteurs évoquent avec lui une précédente affaire, un an auparavant, en juillet 2015 à l’Ile des Pins, une agression quasi similaire sur une personne plus âgée qui lui faisait là-aussi des avances en voiture. 
Une vidéo qui a permis à la défense de prouver qu’Aymerick a dit clairement à plusieurs reprises aux enquêteurs avoir demandé à descendre de la voiture.

Des passages de la vidéo qui n’apparaissent pas dans le procès-verbal de l’audition. Et qui font bondir la défense. Maîtres Milliard et Delarue ont d’ailleurs fait savoir qu’ils ont déposé plainte à l’encontre des deux enquêteurs pour faux et usage de faux ! La Défense qui a employé à plusieurs reprises les mots d’agressions sexuelles pour tenter d’immiscer dans l’esprit des jurés que leur client a été « victime » d’une agression sexuelle caractérisée.

Mais en face d’eux, du côté de l’accusation, l’avocat général Pasta ne s’en laisse pas compter, il ne laisse rien passer et démonte le moindre argument du tac au tac. Le représentant du ministère public finira même par qualifier les tentatives de la défense d’écran de fumée ! Ce qui donne droit à de jolies passes d’armes ! L’accusation va chercher à démontrer qu’il s’agit d’un crime homophobe tandis que la défense va tenter de défendre la thèse des coups mortels et de réduire le quantum de la peine de 30 à 15 ans de réclusion criminelle. 
Les débats sont prévus de durer jusqu’à vendredi. Demain, la cour devrait se pencher sur l’étude de personnalité de l’accusé.